SOUSLOV MIKHAÏL ANDREÏEVITCH (1902-1982)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Fils de paysans, né dans la région de Saratov, Souslov adhère au Parti communiste en 1921. Après des études d'économie politique, il est nommé professeur à l'université de Moscou et responsable de la section de propagande.

En 1933, il est envoyé dans l'Oural pour y conduire les purges ordonnées par Staline. En 1937, il est nommé secrétaire du parti pour la région de Rostov-sur-le-Don, puis secrétaire de la région de Stavropol. Il entre au comité central en 1941, sert en qualité de commissaire politique sur le front du Caucase. En 1944, il est chargé de mettre au pas la Lituanie, qui a été rattachée à l'U.R.S.S. En 1947, il monte à Moscou. Nommé secrétaire du comité central, il devient chef des services d'agitation et de propagande. Ayant remplacé Jdanov au Kominform, il prend une part active à la campagne contre Tito et, en 1949, il est chargé des relations entre le P.C.U.S. et les autres Partis communistes. En même temps, il devient rédacteur en chef de la Pravda, le quotidien officiel du Parti (1949-1950).

Élu membre titulaire du présidium (bureau politique) en 1952, il perd ce titre quelques mois plus tard, lors de la mort de Staline, mais reste secrétaire du comité central. Il est réélu au présidium en 1955.

Souslov est généralement présenté comme l'idéologue du parti, bien qu'il n'ait jamais publié un ouvrage de caractère doctrinal, ni proposé une recherche originale. En fait, il tient le rôle de gardien vigilant de l'orthodoxie. Il a condamné vivement les déviations titiste et maoïste. Après la guerre, il fut l'artisan de toutes les conférences du mouvement communiste international.

Au sein du P.C.U.S., il se met rarement en vedette. De santé fragile, il n'a jamais aspiré à la première place, mais il s'est fait une réputation de censeur. En 1964, il a joué un rôle décisif lors de la chute de Khrouchtchev. Pour empêcher le secrétaire général de prendre une importance excessive à ses yeux, il rappelle sans cesse que le parti a voulu se donner une direction collective. Il a condamné Staline après l'avoir servi, mais, allergique aux novations et aux initiatives spectaculaires, il s'efforce de conserver le plus possible l'ordre établi par l'ancien dictateur. Jusqu'à sa mort, en janvier 1982, Souslov reste le gardien et l'incarnation de la ligne du Parti, dont il a épousé toutes les fluctuations depuis le lendemain de la guerre.

—  Bernard FÉRON

Écrit par :

Classification


Autres références

«  SOUSLOV MIKHAÏL ANDREÏEVITCH (1902-1982)  » est également traité dans :

U.R.S.S. - Histoire

  • Écrit par 
  • Nicolas WERTH
  •  • 22 667 mots
  •  • 55 médias

Dans le chapitre « Les transformations sociales »  : […] Derrière l'immobilisme de la vie politique, la société soviétique se transforme rapidement, modifiant à la fois les données du fonctionnement économique et celles des rapports entre la société et le pouvoir. Focalisant toute son attention sur la frange ultra-minoritaire de dissidents et sur les « diversions idéologiques de l'étranger », le régime n […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/u-r-s-s/#i_42621

Pour citer l’article

Bernard FÉRON, « SOUSLOV MIKHAÏL ANDREÏEVITCH - (1902-1982) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 février 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/mikhail-andreievitch-souslov/