MÉLÈCE saint (310 env.-381)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Originaire de Mélitène, dans la petite Arménie, Mélèce fut élu évêque de Sébaste vers 358. On ne sait pas bien quelle fut alors sa position dans les controverses théologiques du temps, mais il rencontra certainement des difficultés, puisqu'il était retiré à Alep quand, en 360, il fut promu au très important siège épiscopal d'Antioche. Il est probable qu'on avait confiance dans sa sagesse, car la communauté chrétienne d'Antioche était très divisée et les esprits étaient surexcités. De fait Mélèce évita de se servir du vocabulaire théologique controversé, mais cette prudence ne suffit pas. Un discours sur la génération du Verbe, conforme à la doctrine du concile de Nicée, lui valut la haine des ariens et une sentence d'exil de la part de l'empereur Constance. Celui-ci mourut peu après et son successeur Julien l'Apostat manifesta son mépris des querelles chrétiennes en abolissant les sentences de son prédécesseur. Malheureusement, quand Mélèce arriva à Antioche, il trouva sa place prise par un autre évêque, Paulin, ordonné par l'évêque Lucifer de Cagliari au mépris de tout droit. La communauté catholique d'Antioche se trouva divisée. Renseigné presque exclusivement par des partisans de Paulin, parmi lesquels se trouvait saint Jérôme, ordonné prêtre en 378 par Paulin, le pape Damase (366-384) se montra hostile à Mélèce, qui eut pour soutiens Basile de Césarée et Grégoire de Nazianze. Après de longues péripéties, Mélèce rentra dans la pleine possession de ses droits, quand l'empereur Théodose le reconnut comme seul évêque d'Antioche. Damase ne pouvait alors qu'accepter sa profession de foi, conforme d'ailleurs aux décisions des conciles romains. Mélèce présidait le concile réuni à Constantinople en 381, quand il mourut, probablement le 23 ou le 24 août 381.

Ses funérailles à Constantinople furent triomphales, Grégoire de Nysse prononça l'oraison funèbre. Sur l'ordre de Théodose, son corps fut ramené à Antioche et, quelques années plus tard, Jean Chrysostome, qui avait été baptisé et ordonné diacre par Mélèce, fit son panégyrique. Cependant le schisme se prolongea et ne fut éteint qu'en 413. Mélèce fut vénéré les 23 ou 24 août ainsi que le 12 février, jour où il est nommé au martyrologe romain.

—  Jacques DUBOIS

Écrit par :

  • : moine bénédictin, directeur d'études à l'École pratique des hautes études (IVe section)

Classification


Autres références

«  MÉLÈCE saint (310 env.-381)  » est également traité dans :

ARIANISME

  • Écrit par 
  • Michel MESLIN
  •  • 2 432 mots

Dans le chapitre « La nouvelle orthodoxie »  : […] Cependant  des  théologiens  orientaux, groupés autour de Basile de Césarée et de Mélèce d'Antioche, cherchaient à définir la foi trinitaire en tenant compte des controverses passées, et à surmonter l'incompréhension et la méfiance réciproques entre les Occidentaux et les théologiens de l'Orient chrétien. Il fallait faire admettre que le mystère d […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/arianisme/#i_12655

Pour citer l’article

Jacques DUBOIS, « MÉLÈCE saint (310 env.-381) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 février 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/melece/