SUKARNOPUTRI MEGAWATI (1947- )

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Femme politique indonésienne, Megawati Sukarnoputri a été présidente de l'Indonésie de 2001 à 2004.

Née le 23 janvier 1947 à Jakarta, Dyah Permata Megawati Setiawati Sukarnoputri est la fille de Sukarno, le premier président de l'Indonésie. Elle étudie la psychologie et l'agriculture à l'université mais n'obtient aucun diplôme. Entrée en politique en 1987, elle est élue à l'Assemblée consultative du peuple, et prend la tête du Parti démocratique indonésien (Partai Demokrasi Indonesia, P.D.I.) en 1993. Elle devient une menace grandissante pour le président Suharto (qui a succédé à Sukarno en 1967). En juin 1996, le gouvernement manœuvre pour que lui soit retirée la direction du P.D.I., l'empêchant de fait de se présenter à l'élection présidentielle en 1998. Les manifestations organisées par ses partisans à Jakarta en juillet amènent le gouvernement à prendre des mesures de répression. Cette décision est à l'origine des émeutes et des incendies les plus graves que la capitale ait connus depuis plus de vingt ans. Megawati Sukarnoputri se voit alors interdire de participer aux élections législatives de 1996.

En octobre 1998, cinq mois après la démission de Suharto, elle fonde avec ses fidèles le Parti démocratique indonésien-Combat (Partai Demokrasi Indonesia Perjuangan, P.D.I.-P.), formation de centre gauche. Dès les élections législatives du 7 juin 1999, le P.D.I.-P. remporte le scrutin en obtenant près de 34 p. 100 des suffrages. Lorsque Bacharrudin Jusuf Habibie, dauphin – impopulaire – de Suharto qui assume la présidence par intérim, se retire, tout le pays s'attend à ce que l'Assemblée du peuple élise Megawati Sukarnoputri à la tête de l'État. Le 20 octobre, l'Assemblée choisit Abdurrahman Wahid, candidat du Parti du réveil national (Partai Kebangkitan Bangsa, P.K.B.), déclenchant de nombreuses protestations de la part des fidèles de Megawati. Le lendemain, celle-ci est nommée vice-présidente du pays. Face aux critiques grandissantes de son administration, le président Wahid charge Megawati d'assurer la conduite du gouvernement en août 2000, mais ses difficultés ne cessent de croître. Le 23 juillet 2001, le Parlement le démet de ses fonctions et nomme à sa place Megawati Sukarnoputri, qui prête serment le jour-même.

Durant son mandat, la présidente se trouve confrontée à de multiples problèmes : économie en faillite, mouvement séparatiste dans la province d'Atjeh (ou Aceh, nord de Sumatra), attentats terroristes... En octobre 2002, plus de deux cents personnes sont tuées et quelque trois cents autres blessées par l'explosion d'une voiture piégée devant une boîte de nuit de Bali ; l'attentat est attribué à un groupe islamiste. Avant la fin de l'année, la « Mère du peuple » signe un cessez-le-feu avec les séparatistes d'Atjeh, mais les combats reprennent bientôt et, en 2003, le gouvernement est contraint de lancer une vaste offensive militaire contre les rebelles. Les attentats se multiplient alors, dont un touche le bâtiment du Parlement indonésien. Le gouvernement de Megawati est également accusé de corruption et critiqué pour son incapacité à réduire le taux de chômage, particulièrement élevé. Lors du scrutin présidentiel de 2004, Megawati et Susilo Bambang Yudhoyono (son ancien ministre de la Sécurité) arrivent en tête au premier tour, mais ce dernier remporte le second tour haut la main et succède à Megawati dès le mois d'octobre. Elle se présente à nouveau à l'élection présidentielle de juillet 2009, mais est battue par le président sortant.

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Pour citer l’article

« SUKARNOPUTRI MEGAWATI (1947- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 24 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/megawati-sukarnoputri/