HIRSCH MARTIN (1963- )

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Membre du gouvernement de François Fillon de mai 2007 à mars 2010 en tant que haut-commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté – poste qu'il cumule à partir de janvier 2009 avec le haut-commissariat à la Jeunesse –, Martin Hirsch n'est pas à proprement parler un professionnel de la politique. Fruit de la volonté du président de la République Nicolas Sarkozy de s'attacher des personnalités issues ou proches de la gauche, son accès à ses premières fonctions gouvernementales arrive au terme d'une carrière menée aux frontières de la haute fonction publique, de l'action sociale et de l'expertise politico-administrative.

La formation et le parcours professionnel de Martin Hirsch sont d'abord ceux d'un « grand commis » de l'État, comme le furent ceux de son grand-père Étienne, ingénieur des Mines, commissaire général au Plan, puis président de la commission Euratom, et de son père Bernard, ingénieur des Ponts et Chaussées, puis directeur de cette école. Né le 6 décembre 1963 à Suresnes (Hauts-de-Seine), Martin Hirsch choisit d'étudier les sciences de la vie et la médecine, et poursuit en neurobiologie. Ancien élève de la faculté de médecine Cochin Port-Royal et de l'École normale supérieure, il est également titulaire d'une maîtrise de biochimie et d'un diplôme d'études approfondies en neurobiologie et en psychopathologie du comportement.

À l'issue de ce cursus scientifique prestigieux, il opte néanmoins pour une carrière administrative en intégrant l'École nationale d'administration en 1988. Son classement de sortie lui permet d'entrer au Conseil d'État en 1990. Encore jeune auditeur, et fort de ses compétences dans le domaine de la santé, il se voit confier en 1991 et 1992 des missions de conseiller juridique à la Caisse nationale d'assurance-maladie, puis au ministère de la Santé et de l'Action humanitaire. Nommé maître des requêtes au Conseil d'État en 1993, il y occupe la fonction de secrétaire général adjoint jusqu'en 1995, lorsqu'il devient directeur de la pharmacie centrale des hôpitaux à l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (A.P.-H.P.). La même année, il rejoint en tant que bénévole le mouvement Emmaüs pour accéder aussitôt à la présidence de l'Union centrale des communautés. Il quitte l'A.P.-H.P. en 1997 pour prendre la direction du cabinet de Bernard Kouchner, alors secrétaire d'État à la Santé, tout en officiant en tant que conseiller chargé de la santé au cabinet du ministère de l'Emploi et de la Solidarité dirigé par Martine Aubry. En 1999, cette double expérience en cabinet ministériel ainsi que son parcours antérieur font de lui un candidat tout désigné pour être le premier directeur général de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments, nouvellement créée. Il quitte cette fonction en 2005 et réintègre le Conseil d'État où il atteint le grade de conseiller en 2006.

Devenu président d'Emmaüs-France en 2002, il est reconduit en 2004 et 2006 à la tête du mouvement qui réunit plus de 250 structures d'accueil et d'accompagnement de personnes en difficulté. Cette présidence, qui implique l'exercice de mandats d'administrateur d'Emmaüs-Europe et d'Emmaüs-International, et sa participation à de multiples comités, lui permet de diversifier ses relations et d'acquérir une certaine notoriété publique associée à la popularité d'Emmaüs et de son fondateur, l'abbé Pierre. Ainsi, en 2005, Martin Hirsch est chargé par Philippe Douste-Blazy, alors ministre des Solidarités, de la Santé et de la Famille, de présider une commission « Familles, vulnérabilité, pauvreté ». Parmi les propositions destinées à réduire le nombre d'enfants pauvres en France figure la création d'un « revenu de solidarité active » (R.S.A.) permettant de cumuler minima sociaux, aides fiscales et allocations familiales en cas de reprise d'un emploi.

Largement salué par la classe politique, le travail de la commission n'est pourtant pas suivi par la mise en œuvre de ses recommandations. En 2006, Martin Hirsch décide donc de fonder une association, l'Agence nouvelle des solidarités actives, en s'appuyant sur ses relais dans les secteurs public et privé, l'univers politique, le monde associatif, les milieux universitaires et d [...]

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CINQUIÈME RÉPUBLIQUE - Les années Sarkozy (2007-2012)

  • Écrit par 
  • Pierre BRÉCHON
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Dans le chapitre « En matière de politiques sociales »  : […] Concernant les retraites, le programme présidentiel ne prévoit que d'aligner les régimes spéciaux (S.N.C.F., R.A.T.P...) sur celui de la fonction publique, ce qui est fait dès l'automne de 2007. Le candidat avait affirmé qu'il fallait conserver le droit de partir à soixante ans. Mais la crise économique et l'augmentation du chômage fragilisent plus que prévu le financement des retraites, nécessit […] Lire la suite

Pour citer l’article

Blaise MAGNIN, « HIRSCH MARTIN (1963- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 17 juin 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/martin-hirsch/