MARTELAGE

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Grâce à la malléabilité des métaux précieux, conséquence de leur ductilité, la mise en forme des ouvrages d'orfèvrerie peut s'effectuer à froid, par simple martelage. Pour ce faire, les seuls outils nécessaires sont le marteau et sa contrepartie, une enclume appelée tas ou bigorne. C'est à partir d'un lingot que l'orfèvre obtient tout d'abord une feuille circulaire, le flan ; puis, en frappant celle-ci avec son marteau sur la bigorne, l'artisan la creuse en son centre, lui donnant peu à peu la forme d'une coupe. Resserrant ses bords, il arrive ensuite à en faire un cylindre à fond arrondi, comparable à un gobelet. Cette forme élémentaire sera alors travaillée, toujours au marteau, de manière à obtenir le volume définitif de l'objet désiré ; ces opérations sont appelées emboutissage ou rétreinte. L'ouvrier, par la direction et la force de ses coups, parvient à conduire le métal comme un sculpteur le ferait de la terre ou de la cire. Pendant cette opération, il est nécessaire de conserver une épaisseur et une résistance uniformes et constantes sur tous les points de l'ouvrage. Le marteau ne doit frapper qu'une seule fois à la même place. Après le martelage, le métal est devenu cassant : il est écroui. Afin de lui rendre sa souplesse initiale, il est alors chauffé jusqu'au rouge puis lentement refroidi. Lors de l'achèvement, les traces laissées par le marteau seront atténuées par un ultime martelage, ou éventuellement par polissage.

—  Gérard MABILLE

Écrit par :

  • : conservateur en chef au département des Objets d'art du musée du Louvre

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Pour citer l’article

Gérard MABILLE, « MARTELAGE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 15 septembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/martelage/