OLIVEIRA MANOEL DE (1908-2015)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

L'œuvre de Manoel de Oliveira, né à Porto le 11 décembre 1908 et disparu le 2 avril 2015 dans sa ville natale, se déploie sur plus de quatre-vingts ans, avec de longues interruptions forcées. Est-ce à cause de son originalité ? Elle n'a longtemps été connue et appréciée en France que d'un cercle restreint d'initiés.

Manoel de Oliveira

Manoel de Oliveira

Photographie

Nourrie de littérature, l’œuvre de Manoel de Oliveira plonge ses racines dans l’histoire et l’imaginaire du Portugal. 

Crédits : E. Silva/ EPA/ Corbis

Afficher

La source majeure d'inspiration de Manoel de Oliveira demeure la littérature, et singulièrement l'œuvre et la vie du romancier portugais Camilo Castelo Branco. Cet attrait pour le romantisme qui revêt parfois les couleurs les plus noires, pour les passions fatales et les situations extrêmes, ne s'est jamais démenti. Nombreuses sont les adaptations d'œuvres qui témoignent toutes d'un respect scrupuleux du texte, à commencer par Amour de perdition, « le roman de passion amoureuse le plus intense et le plus profond qui ait été écrit dans la Péninsule » (Miguel de Unamuno). Pour autant, le comique n'est jamais absent. De même que chez Kafka ou chez Beckett, le tragique est traversé, dans l'œuvre de Manoel de Oliveira, par de grands éclats de rire libérateurs.

« Les Amours contrariées »

Au début des années 1930, Manoel de Oliveira fréquente les milieux littéraires de Porto regroupés autour de la revue Presença, animée par José Régio, son ami de toujours. « Oliveira représente une école à part, car c'est un homme de Porto, ville très dense, à l'esprit et à la matière très particuliers, et où les gens sont à la fois plus enracinés et plus solitaires » (Paulo Rocha).

En 1931, avec la complicité de son ami António Mendes, photographe à ses heures, Manoel de Oliveira fait ses débuts au cinéma – après une courte expérience d'acteur – avec Douro, faina fluvial. Il vient de voir Berlin, symphonie d'une grande ville de Walter Ruttmann. Son documentaire saisit la vie portuaire sur le vif, au sens où l'entendait Dziga Vertov, et, par l'importance accordée au montage, témoigne déjà d'un étonnant sens plastique : « La moderne poésie du fer et de l'acier, le charme de la nature dans s [...]


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 5 pages


Écrit par :

Classification


Autres références

«  OLIVEIRA MANOEL DE (1908-2015)  » est également traité dans :

JE RENTRE À LA MAISON (M. de Oliveira)

  • Écrit par 
  • Michel ESTÈVE
  •  • 989 mots

À l'instar d'une ouverture d'opéra qui condense les thèmes de l'œuvre à venir, la première séquence de Je rentre à la maison transcrit sobrement l'inspiration profonde du film : à partir d'interférences entre le théâtre et la vie, il s'agit de brosser le portrait en mouvement d'un comédien célèbre et vieillissant, Gilbert Valence (remarquablement interprété par Michel Piccoli), […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/je-rentre-a-la-maison/#i_93754

PARLANT (CINÉMA) - (repères chronologiques)

  • Écrit par 
  • Michel CHION
  •  • 3 247 mots

1899 États-Unis. Th e Astor Tramp , « picture song » de Thomas Edison. Bande filmée destinée à être accompagnée d'une chanson chantée en salle (derrière l'écran) par des artistes invités. 1900 France. Présentation par Clément Maurice du Phono-Cinéma-Théâtre à l’'Exposition universelle. Au programme, une scène d' Ham […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/parlant-cinema-reperes-chronologiques/#i_93754

Voir aussi

Pour citer l’article

Jean-Pierre TOUATI, « OLIVEIRA MANOEL DE - (1908-2015) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/manoel-de-oliveira/