MANDORE & MANDOLINE

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Petit luth du xvie siècle, de quatre à huit doubles-cordes, à manche court, à caisse piriforme, à fond bombé et à côtes, la mandore est plus allongée que le luth ; elle a le cheviller recourbé en avant et qui se termine souvent par une tête d'animal. Certaines mandores possèdent quatre cordes de boyau et six de métal. On se sert parfois d'une plume comme plectre. Les cordes sont accordées en quintes. La mandore est un instrument rarement employé aujourd'hui, sauf dans les ensembles de musique ancienne. On rencontre aussi les graphies : mandole et mandille.

La mandoline est une petite mandole, comme l'étymologie le suggère. Ses quatre doubles-cordes métalliques, accordées à l'octave aiguë de la mandole, reproduisent exactement l'accord de celles du violon. On les joue avec un plectre d'écaille appelé médiator ou penna. Le son de la mandoline est plein, puissant et clair, et le trémolo qu'il rend est caractéristique. La touche comporte de petits sillets et le cheviller, creux, s'incline légèrement vers l'arrière. Dès la fin du xve siècle, cet instrument, sorte de soprano de la famille des luths, fut fort répandu en Europe. En Italie, aux xviiie et xixe siècles, de nombreux types régionaux fleurirent, possédant soit une caisse bombée (type luth), soit une caisse plate (type guitare), sur laquelle étaient tendues de quatre à huit doubles-cordes ; il y eut aussi des mandolines à cordes simples. La mandoline milanaise possède six cordes simples accordées en tierces et en quartes. Milan, Gênes, Florence, Naples surtout, avec la dynastie des Venaccia, furent les lieux les plus célèbres de la facture italienne.

Femme à la mandoline, G. Tiepolo

Photographie : Femme à la mandoline, G. Tiepolo

Giambattista Tiepolo (1696-1770), Femme à la mandoline, vers 1755-1760. Huile sur toile. H. 0,921 m; L. 0,749 m. The Detroit Institute of Arts, États-Unis. 

Crédits : Cameraphoto/ AKG

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La mandoline fut l'instrument populaire indispensable de la sérénade amoureuse. C'est notamment dans ce genre que la littérature musicale offre quelques pages renommées. Citons seulement, en musique classique, la sérénade du Don Juan de Mozart, celle du Barbier de Séville de Paisiello, celle encore de L'Amant jaloux de Grétry, et plus près de nous celle de Louise de Charpentier. La mandoline apparaît aussi au début du xviiie siècle, en Italie, dans la musique de chambre, la musique concertante ou l'orchestration des œuvres lyriques. En 1704, Antonio Bononcini fait alterner théorbe et mandoline pour concerter avec un chanteur, dans Teraspo overo l'Innocenza giustificata. En 1707, un air de Marte placato d'Attilio Ariosti (1666-env. 1740) est uniquement accompagné par la basse continue et une mandoline ; l'année précédente, Francesco Conti (1682-1732) lui donnait une ritournelle à exécuter en solo dans son oratorio Il Gioseffo. C'est cependant avec Vivaldi (1740), toujours à l'affût des nouveautés instrumentales, que la mandoline acquiert droit de cité comme instrument de concerto ; le premier, il compose des concertos pour une et pour deux mandolines et il confie à l'instrument soliste des traits de virtuosité décidés : gammes et triolets en mouvement rapide, trémolos... Dans son oratorio Juditha triumphans, l'air de Judith, « Transit aetas », l'un des plus fameux de l'œuvre, est accompagné à la mandoline. À Mozart, nous devons deux lieder allemands avec accompagnement de mandoline : Die Zufriedenheit, K. 349 et Komm, liebe Zither, K. 351. Beethoven écrivit en 1796 deux pages pour mandoline et piano : Sonatine et adagio, Sonatine et thème varié. À une époque plus proche de nous, c'est après Mahler (Septième Symphonie), et surtout après Schönberg (Sérénade, op. 24, 1923) que la mandoline apparaît de plus en plus souvent dans des formations instrumentales, où les compositeurs apprécient ses qualités sonores particulières qui la différencient des autres cordes.

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Écrit par :

  • : psychanalyste, membre de la Société de psychanalyse freudienne, musicologue, président de l'Association française de défense de l'orgue ancien

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  • Écrit par 
  • Eugène LLEDO
  •  • 697 mots
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La mandoline est un instrument à cordes pincées de petite taille, pourvu d'une caisse en forme de demi-poire. Le modèle le plus courant possède quatre cordes doubles métalliques. Ce petit luth à la tessiture aiguë a vu son développement freiné en raison de son volume sonore limité. […] Lire la suite

Pour citer l’article

Pierre-Paul LACAS, « MANDORE & MANDOLINE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 01 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/mandore-et-mandoline/