MANDARINS

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Depuis qu'en 1954 Simone de Beauvoir publia Les Mandarins, le mot, qui ne s'employait en français qu'avec deux sens : le propre, pour désigner les fonctionnaires lettrés de la Chine, le figuré, pour stigmatiser certains abus d'autorité commis en médecine par plus d'un grand patron, a vu son extension croître démesurément. Depuis mai 1968, tout enseignant, et même quiconque se distingue par son savoir, passe pour mandarin. Culture, mandarinat, humanisme excitent désormais un mépris convergent. Pour Voltaire, les mandarins représentaient la perfection de la sagesse. Aujourd'hui, le mandarin est l'ennemi public no 1. Par un amusant retour du bâton, Simone de Beauvoir se voit traitée de « mandarine concrète ». En cette fin de siècle, et peut-être de civilisation, il faut donc tenter d'élucider le sens de mandarin et celui du mandarinat.

Simone de Beauvoir

Simone de Beauvoir

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La Française Simone de Beauvoir (1908-1986), romancière existentialiste (L'Invitée), prix Goncourt (Les Mandarins), et féministe (Le Deuxième Sexe). 

Crédits : Hulton Archive/ Getty Images

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Les mandarins vus par les jésuites, les marchands, les Lumières

Quand il arrive à Pékin, le jésuite Gaubil, fondateur de la sinologie, y voit « un monde infini, mais, à la réserve des mandarins, une ville remplie de gueux » (14 nov. 1722). La beauté du palais l'émerveille, où se passent les examens. Compilateur de mille deux cents pages sur La Cina, le père Daniello Bartoli admire que des soldats armés surveillent les candidats, garantissant ainsi le sérieux des concours ; il ajoute que, sitôt reçus, les docteurs s'aident mutuellement, se défendent et se promeuvent l'un l'autre, incarnant ainsi la seule noblesse digne d'estime : celle de l'âme et de l'esprit « qui est la partie de nous la plus divine ». Même enthousiasme, dès 1665, chez Nieuhoff le protestant : « Je m'assure, ô Princes, que si, à l'exemple des Chinois, vous étiez plus portés à tirer les créatures de la lie et de la poussière pour les faire instruire dans les belles-lettres [...] vous en tireriez des ministres pour vous servir pour le moins avec autant de prudence, de crainte, de vénération et de fidélité que ceux que vous tirez des maisons de vos premiers vassaux. » Cette idée d'un man [...]


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  • : ancien élève de l'École normale supérieure, professeur honoraire à l'université de Paris-IV

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CONFUCIUS & CONFUCIANISME

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Dans le chapitre « Le système des examens »  : […] Pour redresser la situation, il fallut attendre le vi e siècle et la dynastie des Sui. Les Tang, qui lui succédèrent en 618, achevèrent la restauration. Les Sui avaient déjà institué l' examen de « lettré accompli », et l'examen sur les classiques ; on les conserva sous les Tang en y ajoutant trois nouveaux examens : ceux de droit, de mathématiq […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/confucius-et-confucianisme/#i_24340

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Pour citer l’article

 ETIEMBLE, « MANDARINS », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 17 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/mandarins/