VERUS LUCIUS AURELIUS CEIONIUS COMMODUS (130-169)

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Co-empereur de Rome avec Marc Aurèle entre 161 et 169, Lucius Verus ne ressemble guère à l'auteur des Pensées, ni par le caractère, ni par la destinée. À sa naissance, son père Lucius Ceionius Verus est préteur et familier de la cour impériale. Un historien français, Jérôme Carcopino, prétend qu'il était le « bâtard d'Hadrien » qui le nomme César en 136. Mais la mort d'Hadrien en 138 repose le problème de la succession impériale. Avant de mourir, Hadrien adopte Antonin le Pieux qui désigne comme successeurs éventuels Marc Aurèle et le fils de Ceionius Verus, Lucius Verus. Alors que Marc Aurèle apparaît comme un homme de réflexion à la santé fragile, à la sensibilité vive, Lucius Verus, son frère par l'adoption et son lointain cousin, préfère aux spéculations intellectuelles les plaisirs de la vie. De grande taille, de belle prestance, il fréquente des courtisanes avec lesquelles il mène joyeuse vie au cours de banquets sans fin. Autant il aime les activités sportives comme la chasse et l'équitation, autant Marc Aurèle se réfugie dans l'ascétisme et la chasteté. À la mort d'Antonin le Pieux en 161, Marc Aurèle, conscient de l'énorme charge dont il est investi, s'empresse de la partager avec Lucius Verus et ne conserve personnellement que le titre de Pontifex Maximus. Devant la menace que font peser les Parthes aux frontières d'Asie, Lucius Verus est chargé par Marc Aurèle du commandement des troupes romaines. En 162, Lucius Verus part pour l'Orient avec ses compagnons de beuverie, ses danseuses et ses concubines ; il se fait initier aux mystères d'Éleusis à Athènes et, parvenu à Antioche, il transforme cette cité en nouvelle Capoue. Tandis que ses lieutenants, comme Statius Priscus, remportent des victoires sur les Parthes et leurs alliés, Lucius Verus se contente de se les arroger et s'octroie les titres prestigieux d'Armeniacus, de Parthicus et de Medicus Maximus. En vain Marc Aurèle lui adresse-t-il des lettres d'exhortation pour qu'il prenne la tête de ses armées, en vain, pour l'assagir, lui donne-t-il en mariage sa fille Anna Lucilla, alors âgée de seize ans, Lucius Verus continue sa luxurieuse existence. Il accepte toutefois de faire campagne au début de l'année 165 en Médie avec Avidius Cassius et de signer avec le roi Vologèse un traité de paix qui permet aux Romains de recouvrer la Mésopotamie. Puis il rentre à Rome pour y triompher, avec Marc Aurèle, des nombreux ennemis que ses généraux, seuls, ont vaincus. Mais la paix est de courte durée : Quades et Marcomans envahissent la Rétie, la Norique, la Pannonie et la Dacie. Aussi en 167, Lucius Verus accompagne Marc Aurèle à Aquilée où est établi le quartier général. Diverses opérations militaires et négociations diplomatiques permettent une paix générale qui met en sûreté l'Illyrie et l'Italie. Mais une épidémie de peste contraint les deux empereurs à quitter Aquilée en janvier 169 et à regagner Rome. Non loin d'Altinum, sur la route de Padoue, Lucius Verus est terrassé par une attaque et meurt trois jours après. Il sera enterré dans le mausolée d'Hadrien et il sera proclamé Divus par le Sénat.

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  • : diplômé d'études supérieures d'histoire, directeur de collections historiques

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Pour citer l’article

Joël SCHMIDT, « VERUS LUCIUS AURELIUS CEIONIUS COMMODUS - (130-169) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 30 novembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/lucius-aurelius-ceionius-commodus-verus/