LOUYS PIERRE LOUIS dit PIERRE (1870-1925)

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Ami d'André Gide à l'École alsacienne, Pierre Louÿs se lie d'abord au Parnasse. À dix-neuf ans, il rencontre Leconte de Lisle et il épouse la plus jeune fille de Heredia, Louise. Trois années plus tard, il fait partie de l'école symboliste et, en 1892, il écrit un sonnet à Mallarmé à l'occasion de son cinquantième anniversaire. Un an plus tôt, il avait fondé une revue, La Conque, où écrivirent Gide, Mallarmé, Valéry et Verlaine. Il y publia aussi ses premiers vers, avant de les réunir dans le recueil Astarté (1893). Sous la forme de poèmes lyriques grecs, ce sont de courtes pièces précieuses, teintées d'un léger érotisme. Avec son second recueil, Chansons de Bilitis (1894), Louÿs mystifie la critique en le prétendant traduit du grec. Du Parnasse et du symbolisme le jeune esthète a d'abord retenu la sensualité païenne et le goût de la beauté. De ces descriptions de paysages, de ces scènes tendrement érotiques se dégage un paganisme calme. Debussy composa un accompagnement pour trois des chansons du recueil. Le premier roman de Pierre Louÿs, Aphrodite (1896), séduit d'abord par son aspect licencieux ; cependant la justesse de l'érudition et la finesse des observations psychologiques, si elles ne donnent pas au livre son unité, légitiment pleinement le succès qu'eut ce tableau de mœurs alexandrines. La Femme et le pantin (1898) décrit les ravages de la passion sur un homme. L'écriture dépouillée et l'exotisme (le roman se passe en Espagne) concourent à faire de ce livre le chef-d'œuvre de Pierre Louÿs. Il dit y adopter une attitude de moraliste qui, dépeignant le drame de l'amour passionnel, voudrait libérer le corps, par une sensualité détachée du sentimentalisme. C'est dans l'Orient hellénisé qu'il croit trouver le modèle idéal du culte lucide de la beauté et de l'amour : dans Psyché (1927), roman inachevé, il tente de saisir cette forme d'amour, complet dans son immatérialité. Louÿs écrivit encore Les Aventures du roi Pausole (1901), divertissement inspiré des conteurs galants du xviiie siècle, livre de libertinage pour le plaisir du texte. Jusque dans sa correspondance avec Valéry, Pierre Louÿs reste l'esthète païen qu'il était dans sa jeunesse, cultivant la beauté et l'amour.

—  Antoine COMPAGNON

Écrit par :

  • : docteur ès lettres, professeur à l'université Columbia, États-Unis

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ESTHÉTISME

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Pour citer l’article

Antoine COMPAGNON, « LOUYS PIERRE LOUIS dit PIERRE - (1870-1925) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 17 février 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/louys-pierre-louis-dit-pierre/