LOTO

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Il y a plusieurs lotos : le loto national, loterie à grande échelle et à résultat différé, exploitée par un opérateur public, se distingue nettement du loto familial, qui est une loterie à résultat immédiat. Tel que nous le connaissons, ce dernier n'est pas très ancien : ce n'est guère qu'après 1750 que l'on voit apparaître en France ce nouveau jeu de société. Mais c'est à Gênes, au xvie siècle, qu'on peut en situer l'origine.

Gênes et la naissance du loto

Le goût du pari poussait depuis longtemps les Italiens à jouer sur les résultats des changements politiques ou ecclésiastiques. Les Génois s'en étaient fait une spécialité. Si Gênes était, comme Venise, une république souveraine, la stabilité politique n'y était pas de mise et, après bien des troubles, il avait fallu, en 1576, imposer une réforme politique : la république était désormais dirigée par un Sénat composé de 120 membres – réduits par la suite à 90. Parmi eux, cinq gouverneurs et procurateurs étaient tirés au sort deux fois par an.

Très vite on en vint à parier sur la sortie de ces cinq noms. Ce gioco del seminario, du nom de l'urne où l'on tirait les noms au sort, fut d'abord interdit, puis finalement autorisé à partir de 1643 : la République de Gênes y trouvait son compte. Petit à petit, les divers États italiens prirent goût à ce lotto (loterie) : Milan l'adopte en 1665, Turin, capitale de la Savoie, l'essaie en 1674, puis Naples en 1712, Venise en 1715, Rome, la ville des papes, succombe enfin en 1731. La Bavière s'y rallie en 1735, suivie par Parme et Modène, puis la Toscane (1739), Lucques (en 1748). Plusieurs gouvernements allemands et même la Pologne l'adoptent. La loterie génoise se répand alors dans l'Europe entière.

C'est à Giacomo Casanova que l'on doit l'introduction du jeu en France. Arrivé à Paris en 1757, l'aventurier vénitien est présenté comme « financier ». Les projets de loterie sont dans tous les esprits : Casanova saisit l'occasion et s'associe avec les frères Calzabigi pour mettre sur pied un système de type génois. Le 15 août 1757, Louis XV ordonne la création d'une telle loterie pour alimenter les caisses de l'École militaire.

Le tirage de la loterie consistait – comme à Gênes – à pronostiquer la sortie de cinq numéros sur un total de quatre-vingt-dix. Chaque joueur se voyait remettre un billet affichant la date du tirage, prévu quelques semaines plus tard. On pouvait choisir un numéro unique, l'extrait ; deux numéros ou ambe, trois numéros ou terne en indiquant la somme d'argent que l'on misait. L'extrait sortant rapportait 15 fois la mise, l'ambe 270 fois et le terne 5 200 fois. Ce loto ancien fonctionnait en fait comme la roulette : c'était une forme de pari à la cote où le gain est un coefficient multiplicateur de la mise qui, elle, est libre. À la date fixée, on procédait au tirage en public et cinq numéros étaient proclamés. Le premier tirage eut lieu le 18 avril 1758. La Loterie royale de France, créée en 1776, s'inspirait du même système : on y introduisit le quine, qui désignait les cinq numéros gagnants (rapportant un million de fois la mise). Un instant menacé par la Révolution, le jeu, devenu Loterie nationale en 1797, fut de tous les régimes. La loi de 1836, qui interdisait les loteries de toute espèce, le fit disparaître.

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Écrit par :

  • : licencié ès lettres, ingénieur du Conservatoire national des arts et métiers, historien du jeu

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  • Écrit par 
  • Thierry DEPAULIS
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Dans le chapitre « Les loteries à chances multiples »  : […] Les loteries à chances multiples sont celles où les joueurs peuvent placer leurs mises sur plusieurs numéros à la fois, généralement contigus. La répartition des cases du tableau offre diverses possibilités : colonnes, rangées, diagonales, zones spéciales, etc. En échange de cette répartition des risques, la banque offre un gain moindre. C'est le mécanisme de la roulette. Mais, avant que la roule […] Lire la suite

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Pour citer l’article

Thierry DEPAULIS, « LOTO », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 12 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/loto/