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LE POUVOIR D'ACHAT DE LA MONNAIE, Irving Fisher Fiche de lecture

Avec cet ouvrage, l'Américain Irving Fisher (1867-1947), professeur à l'université de Yale, s'inscrit dans une tradition d'économistes (David Hume, David Ricardo, John Stuart Mill) qui prônent une approche dite réelle des phénomènes économiques. Selon cette tradition, il convient tout d'abord de faire abstraction de la monnaie et d'élaborer une théorie de l'équilibre économique où les biens s'échangent directement les uns contre les autres. La monnaie ne doit être prise en compte que dans un second temps : elle intervient alors au titre d'intermédiaire des échanges et son intégration est neutre au sens où elle ne remet pas en cause l'analyse menée dans le premier temps. Cela suppose qu'il est possible de déterminer la valeur de la monnaie à partir de la théorie réelle de l'équilibre et c'est précisément ce que Le Pouvoir d'achat de la monnaie entend démontrer. L'ouvrage contribue ainsi à préciser le statut de la monnaie dans une économie de marché.

L'équation générale des échanges

L'objet de cet ouvrage est de cerner les causes qui déterminent la valeur de la monnaie, c'est-à-dire, comme le souligne le chapitre II, son pouvoir d'achat. Or, celui-ci étant défini par les quantités de biens que l'on peut acheter avec une quantité donnée de monnaie, son étude est « identique à l'étude du niveau général des prix ». Le chapitre III vise ainsi à isoler les grandeurs économiques dont les variations sont « directement proportionnelles » à celles du niveau général des prix. Fisher identifie cinq grandeurs (mesurées sur une année) : le volume du stock de monnaie en circulation (M) ; sa vitesse de circulation (V), exprimée par le nombre de fois où la même unité de monnaie a été utilisée dans des transactions ; le volume des dépôts bancaires sous forme de compte-chèques (M') ; leur vitesse de circulation (V') ; le volume global des transactions (T). Les relations entre ces facteurs et le niveau général des prix sont exprimées à travers une « équation générale des échanges » dont l'expression est MV + M'V' = PT. Cette équation ne traduit rien d'autre que l'égalité entre « la quantité de monnaie déboursée » et la valeur des biens acquis. Les chapitres IV à VIII permettent de dépasser ce stade de l'analyse. Fisher tente de démontrer que les niveaux respectifs de V et V' dépendent fondamentalement de facteurs institutionnels qui ne se modifient que très lentement (comme le degré de développement du système bancaire ou du réseau de transport). Les variables V et V' peuvent donc être considérées comme des constantes indépendantes des autres éléments de l'équation générale des échanges. À cela, Fisher ajoute deux hypothèses : d'une part, T ne dépend que de facteurs réels (c'est-à-dire non monétaires) comme l'accroissement de la productivité dans l'ensemble de l'économie ; d'autre part, les dépôts M' sont une fonction croissante de M. Sous ces hypothèses, « tout changement de M entraîne pour M' un changement proportionnel et aucun changement pour V, V' et [T] ». L'équation générale des échanges permet alors à Fisher de formuler dans le chapitre VIII la proposition suivante : « les prix sont directement proportionnels à la quantité de monnaie en circulation ». Il s'agit là de la principale conclusion de l'ouvrage, qui permet d'établir un lien entre la valeur de la monnaie – son pouvoir d'achat – et sa quantité. L'analyse se prolonge alors, dans les chapitres IX à XII, par la recherche d'un indice de mesure du niveau général des prix.

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. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

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