L'ESSENCE DU CHRISTIANISME, Ludwig FeuerbachFiche de lecture

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Marx critique de Feuerbach

Feuerbach, contrairement aux philosophes des Lumières ne mène pas une critique antireligieuse sommaire. La religion est constitutive de l'humanité, elle lui offre comme l'image inversée de ce qu'elle rêve d'être et, en ce sens, elle est une étape nécessaire de son évolution. Nourri de lectures de saint Augustin et Luther, Feuerbach témoigne d'une réelle sensibilité aux phénomènes religieux et à la théologie. Les formulations philosophiques parfois rigides (voire mécaniques dans leurs « renversements dialectiques ») sont emportées par le souffle quasi romantique d'une écriture passionnée. « Je suis pensé par Dieu et ne me pense qu'en tant que pensé par Dieu – voilà qui est religieux, plein de sentiment. Le sentiment est le rêve les yeux ouverts ; la religion est le rêve de la conscience éveillée ; le rêve est la clef des mystères de la religion. » Les critiques de Marx, dans ses Thèses de 1848, lui reprochant « de faire abstraction du cours de l'histoire et de traiter le sentiment religieux comme une réalité en soi, en présupposant un individu humain abstrait, isolé », se retrouveront, dans une tout autre perspective, chez le théologien protestant Karl Barth : « Comme la théologie de son temps, Feuerbach a opéré avec l'homme en général ; en lui attribuant la divinité, il n'a effectivement rien dit de l'homme réel. » Renverser le renversement effectué par Feuerbach non seulement deviendra la pratique préférée des « jeunes hégéliens », elle aboutira aussi, indirectement, à « la mort de Dieu » (Nietzsche) puis à celle de l'homme. Le « drame de l'humanisme athée » (Henri de Lubac) virera au nihilisme à partir duquel l'humanité devra essayer de se reconstruire.


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 2 pages


Écrit par :

Classification


Autres références

«  L'ESSENCE DU CHRISTIANISME, Ludwig Feuerbach  » est également traité dans :

ALIÉNATION

  • Écrit par 
  • Paul RICŒUR
  •  • 7 998 mots

Dans le chapitre « De Hegel à Marx »  : […] Ce qui a préparé de loin cette greffe, c'est le caractère éminemment créateur de l'aliénation ; dans le système hégélien, l' Entäusserung , avec sa négativité propre, est un instrument de rationalité ; à tous les niveaux du système elle assure le passage de l'immédiat au médiat ; elle introduit dans l'indivision et la confusion initiales les médiations grâce à quoi les contr […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/alienation/#i_31326

Pour citer l’article

Francis WYBRANDS, « L'ESSENCE DU CHRISTIANISME, Ludwig Feuerbach - Fiche de lecture », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 10 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/l-essence-du-christianisme/