PYM JOHN (1584-1643)

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Homme politique anglais, John Pym est l'un des principaux chefs de la révolution de 1640 contre le régime de Charles Ier. Issu d'une famille de la gentry du Somersetshire, fixé à Londres, il entre très tôt dans les services de l'Échiquier et siège pour la première fois aux Communes en 1614. Sa longue expérience parlementaire le désigne naturellement comme l'un des premiers « sages » susceptibles de rendre à Westminster le lustre et les prérogatives amoindris par la « tyrannie de onze ans exercée par le roi ». Au sein des Communes, Pym s'est rapidement manifesté comme l'un des défenseurs les plus acharnés des libertés anglaises : disciple du grand juriste Edward Coke, il voit l'histoire sous les couleurs d'une lutte séculaire contre le « joug normand » et d'une progressive reconquête des libertés « saxonnes » ; le Parlement doit être l'expression de l'attente populaire et protéger les droits reconquis : c'est le sens de la Pétition du droit de 1628 dont Pym dira qu'elle est « la revendication d'anciennes et justes libertés et non pas la recherche de quelque nouvelle franchise » ; contre les théoriciens de l'absolutisme royal, il affirme que « la liberté du sujet est... indispensable pour le roi ». Réélu par la Cité de Londres au « Court », puis au « Long Parlement » de 1640, il s'y fait le porte-parole de l'exaspération suscitée par les abus politiques et financiers de la Couronne. Ses idées religieuses l'ont par ailleurs préparé à prendre la tête d'une révolte « puritaine » : presbytérien convaincu, il souhaite un ordre religieux fondé sur une hiérarchie de synodes et non pas sur une prétendue autorité d'évêques successeurs des apôtres ; il a été un adversaire résolu de l'archevêque de Cantorbéry William Laud, tenant d'une Église épiscopale établie. Le génie de Pym a été de savoir assumer le rôle que les adversaires du pouvoir absolu étaient disposés à lui laisser jouer. Il mène les poursuites judiciaires contre les « mauvais conseillers » de Charles Ier et est l'auteur principal des charges d'accusation contre le comte de Strafford, promptement jugé et exécuté. Il soutient ou provoque les principales dispositions législatives qui annulent les actes contestés de la monarchie et suppriment aussi des institutions détestées telles que les Conseils du Nord et du pays de Galles et les tribunaux d'exception : Chambre étoilée et Cour de haute commission. C'est en partie grâce à ses efforts que le Parlement vote, le 22 novembre 1641, la Grande Remontrance, véritable cahier de doléances de la nation, mais aussi revendication d'un contrôle parlementaire sur le gouvernement royal. Pourtant Pym est capable de jugement et de modération ; il souhaite une réconciliation de la monarchie avec le peuple et espère une conversion de Charles Ier ; tenant du presbytérianisme, il tempère longtemps les ardeurs réformatrices par crainte de l'anarchie ; ses qualités d'homme d'État semblent avoir un temps séduit le roi lui-même, qui songea à lui confier la chancellerie de l'Échiquier. Les intrigues de ses ennemis et sans doute la duplicité du souverain font échouer le projet et, au début de janvier 1642, Charles Ier est décidé à recourir à la force : il tente de faire arrêter Pym et quatre autres députés sous prétexte de haute trahison. Après avoir essuyé un échec aux Communes, le roi doit ensuite affronter la colère populaire, reconnaître son impuissance à s'emparer de Pym, que protègent les milices de la Cité de Londres, et finalement s'enfuir de sa capitale. De ce moment et jusqu'à sa mort en décembre 1643, Pym prend une part majeure dans l'organisation d'un gouvernement du Parlement et dans la préparation et la conduite de la guerre civile. Méritant plus que jamais l'ironique surnom de « Roi Pym » que lui ont attribué les royalistes l'année précédente, il est le cerveau de la révolution. Membre dès le 4 juillet du Comité de sûreté créé par le Parlement, il est le plus influent de ses quinze membres ; on lui doit la levée de la première armée parlementaire et surtout les mesures financières indispensables pour régler les dépenses de guerre. Il est l'artisan déclaré d'une alliance avec l'Écosse ; la conclusion en septembre 1643 de la Solemn League and Covenant, coalition contre le roi, a été précédée de la convocation à Westminster d'une assemblée anglo-écossaise des [...]

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  • : professeur à l'université de Paris-III-Sorbonne nouvelle

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CHARLES Ier (1600-1649) roi d'Angleterre (1625-1649)

  • Écrit par 
  • Pierre JOANNON
  •  • 1 100 mots

Roi d'Angleterre, d'Écosse et d'Irlande, second fils de Jacques VI Stuart, roi d'Écosse, qui deviendra roi d'Angleterre en 1603 sous le nom de Jacques I er , Charles I er monte sur le trône en 1625. Jeune, séduisant et indécis, il est un jouet entre les mains de son entourage. L'impopulaire duc de Buckingham le pousse à attaquer l'Espagne. Pour se garantir du côté de la France, Charles I er dema […] Lire la suite

Pour citer l’article

Roland MARX, « PYM JOHN - (1584-1643) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 juin 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/john-pym/