MARSTON JOHN (1575?-1634)

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Né à Coventry, d'une mère italienne, John Marston fut inscrit sur les registres de Brasenove College (Oxford) en février 1592 et s'inscrivit au Middle Temple, à Londres, plus par déférence envers son père, qui y était légiste, que par goût pour les études juridiques. Il s'en détourna pour la poésie, où il se signala en premier lieu par un poème narratif érotique à la mode du jour, La Métamorphose de l'image de Pygmalion (The Metamorphosis of Pygmalion's Image), publié avec quelques satires en mai 1598. Il s'engagea ensuite dans une carrière de dramaturge, carrière assez agitée qui dura neuf ou dix ans. Après quoi, pour des raisons mal connues, il cessa complètement d'écrire, fut ordonné diacre le 24 septembre 1609, et prêtre trois mois plus tard. Il reçut la paroisse de Christ Church, dans le Hampshire, en 1616, démissionna en 1631 et vint mourir à Londres. Aurait-il trouvé dans le sacerdoce la source d'ordre moral qui lui avait échappé dans ses activités littéraires ? Le satiriste était devenu prédicateur.

Son Pygmalion s'inscrit dans la tradition ovidéenne des nombreux poèmes érotiques du temps. Œuvre de jeunesse, à l'inspiration un peu courte (le poème ne comporte que trente-neuf strophes de six vers), ses complaisances sensuelles restent peu convaincantes et sont loin d'égaler les lascivités perfides du Vénus et Adonis de Shakespeare, ou les audaces agressives du Héro et Léandre de Marlowe, poèmes dont Marston s'est inspiré. Ce qui sauve cette belle et banale histoire, c'est sans doute qu'on y sent déjà l'intention satirique, au point que certains critiques modernes y voient même un ton satirique et cynique qui ne peut que nuire à l'envoûtement sensuel que de tels poèmes recherchaient.

Il est vrai que le goût de la satire était déjà prédominant chez Marston en 1598. Avec Pygmalion paraissaient cinq satires, bientôt suivies de dix autres, réunies sous le titre célèbre du Fouet de la coquinerie (The Scourge of Villanie, 1598), où notre auteur fouaille à tour de bras, avec une âpre violence, les vices de la société de son époq [...]


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Écrit par :

  • : doyen honoraire de la faculté des lettres et sciences humaines d'Aix-en-Provence

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ÉLISABÉTHAIN THÉÂTRE

  • Écrit par 
  • Henri FLUCHÈRE
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Dans le chapitre « La comédie des humeurs »  : […] Alors que la comédie romanesque va briller de tout son éclat avec Shakespeare, un autre genre comique, nourri de réalités plus terre à terre, d'observation impitoyable et plus soucieuse de fustiger que d'amuser, s'installe solidement sur la scène grâce à la plume précise et mordante de Ben Jonson. Ce fils de maçon est le grand rival de Shakespeare par l'ampleur et la diversité de son œuvre, la fo […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/theatre-elisabethain/#i_6097

Pour citer l’article

Henri FLUCHÈRE, « MARSTON JOHN (1575?-1634) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 11 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/john-marston/