GILBERT JOHN (1899-1936)

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Star de l'ère du cinéma muet, l'Américain John Gilbert vit sa carrière brisée au moment du passage au parlant.

John Gilbert, de son vrai nom John Cecil Pringle, naît dans une famille de modestes acteurs le 10 juillet 1899 à Logan dans l'Utah. Il fait sa première apparition sur les écrans en 1916 en tant que figurant pour le studio Inceville de Los Angeles, dirigé par le pionnier du cinéma Thomas Ince. Pendant huit ans, il travaille pour divers studios. Peu attiré par le métier de comédien dans un premier temps, il exerce celui de scénariste pour les studios Paralta, avant de devenir l'assistant de production du réalisateur Maurice Tourneur. En 1921, le jeune Gilbert devient acteur pour la Fox Film Corporation et accède bientôt au rang de star après avoir signé un contrat avec la toute nouvelle Metro-Goldwyn-Mayer en 1924.

Après la mort de Rudolph Valentino (1926), John Gilbert devient à son tour la plus grande star du cinéma muet, illustrant à la perfection la séduction masculine des années 1920. Son apparence svelte, élancée et soignée ne l'empêche pas d'incarner la virilité par l'intensité qu'il donne aux scènes d'amour, dans lesquelles il multiplie les gestes romantiques à et les expressions exaltées. Il atteint les sommets de la gloire lorsqu'il partage l'affiche avec Greta Garbo, dans trois films successifs : Flesh and the Devil (1926, La Chair et le Diable), Love (1927, Anna Karénine) et A Woman of Affairs (1928, Intrigues). Il offre cependant un jeu plus subtil dans le classique The Big Parade (1925, La Grande Parade) de King Vidor, une critique de la guerre qui a su résister à l'épreuve du temps. Mentionnons également des prestations dans Who gets slapped (1924, Larmes de clown), de Victor Sjöström, et The Merry Widow (1925, La Veuve joyeuse), d'Erich von Stroheim.

La Bohème, K. Vidor

Photographie : La Bohème, K. Vidor

Dans son adaptation des Scènes de la vie de bohème, de Murger, et du célèbre opéra de Puccini, King Vidor met en scène, dans La Bohème (1926), deux monstres sacrés de l’époque, Lillian Gish et John Gilbert. Le mélodrame se fait ici tragédie. 

Crédits : Metro-Goldwyn-Mayer Pictures/ Sunset Boulevard/ Corbis/ Getty Images

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L'échec de la transition de Gilbert vers le parlant donne lieu à de nombreuses conjectures. Selon les commentaires les plus anciens, sa voix aurait été « aiguë » ou « efféminée ». La qualité de la voix de l'acteur dans des films sonores comme Queen Christina (1933, La Reine Christine) de Ruben Mamoulian dément pourtant cette explication. D'après divers historiens, le directeur de la M.G.M. Louis B. Mayer serait responsable de l'interruption de la carrière de Gilbert. Mayer méprise en effet cet acteur rebelle, et aurait saboté ses premiers films parlants en lui proposant des rôles de moindre envergure. Des recherches plus récentes suggèrent que le jeu de Gilbert aurait été obsolète et son élocution trop sèche pour le cinéma parlant. Les mélodrames costumés auxquels il est associé à l'époque du muet sont par ailleurs démodés lorsque les films sonores apparaissent. Le public trouve dès lors de nouvelles idoles, et Gilbert perd bientôt son pouvoir de séduction auprès des spectateurs. Rongé par l'alcool, il s'éteint le 9 janvier 1936 à Los Angeles.

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Pour citer l’article

« GILBERT JOHN - (1899-1936) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 30 novembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/john-gilbert/