BASKERVILLE JOHN (1706-1775)

Un des plus célèbres typographes anglais du xviiie siècle, John Baskerville ne s'adonna que tardivement à la typographie. Ni son éducation, ni ses débuts dans la vie active ne l'y prédisposaient. Après avoir fait plusieurs métiers, s'être donné une culture d'autodidacte et avoir acquis le goût de la calligraphie, il arrive à Birmingham en 1725. Il est d'abord maître d'école, puis pratique la gravure sur pierre qu'il délaisse, sans l'abandonner vraiment (toute sa vie, Baskerville restera fidèle aux divers métiers qu'il a pratiqués), pour fabriquer des meubles laqués dans le goût chinois. Bientôt, il possède sa propre entreprise, qui arrive à supplanter celle de John Taylor, l'introducteur de ce style de meubles en Angleterre. Baskerville ne tarde pas à faire fortune et à se lancer dans la vie municipale. En 1761, il est grand bailli de Birmingham, et il contribuera à faire de cette ville la capitale du Black Country engendré par la révolution industrielle naissante. À cette date, il est déjà un typographe renommé. Pourtant, il ne s'était lancé dans l'imprimerie et la gravure des poinçons qu'en 1752. Ayant abandonné son entreprise de meubles laqués, il ouvre son propre atelier typographique et lance bientôt une souscription pour les poèmes d'Homère à laquelle participe Benjamin Franklin. Esprit inventif, il imagine une nouvelle sorte de papier, le papier velin, sur lequel il sort un Virgile, et également une nouvelle espèce d'encre, plus tenace et plus noire que celles que l'on produisait jusqu'alors. Dans le domaine de ses productions, par contre, il reste nettement plus classique. Il offre au public des auteurs latins et grecs et s'obstine à vouloir imprimer une bible in-folio pour laquelle il obtient un privilège en 1758. Ayant donné à ses caractères romains et italiques une clarté à laquelle Caslon lui-même ne parvint pas et une beauté que, jusqu'alors, on ne reconnaissait qu'aux elzévirs, Baskerville resta cependant ignoré de la plupart de ses contemporains typographes, à l'exception de Bodoni à Parme. C'est à Beaumarchais, qui acheta son matériel typographique et s'en servit pour imprimer l'édition complète des œuvres de Voltaire, dite édition de Kehl, que l'on doit de connaître l'œuvre typographique de Baskerville.

—  Michel MARION

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Écrit par :

Classification


Autres références

«  BASKERVILLE JOHN (1706-1775)  » est également traité dans :

LIVRE

  • Écrit par 
  • Jacques-Alexandre BRETON, 
  • Henri-Jean MARTIN, 
  • Jean TOULET
  •  • 26 564 mots
  •  • 4 médias

Dans le chapitre « Du baroque au néo-classicisme »  : […] Information immédiate, symétrie sans surprise, cette page de titre, presque identique à celle d'aujourd'hui, impose sa logique contraignante. Au xviiie siècle, la régression des marques de libraires et des fleurons aboutit à une rigueur dénudée dont Baskerville a donné des exemples accomplis […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/livre/#i_22608

TYPOGRAPHIE

  • Écrit par 
  • Michel WLASSIKOFF
  •  • 6 589 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Du romain du Roi aux Didot »  : […] les types conçus en Angleterre par William Caslon (1692-1766) et John Baskerville (1706-1775) sont emblématiques du renouveau politique auquel les élites européennes aspirent. Le Baskerville, notamment, est largement employé dans les textes en français dénonçant l'arbitraire monarchique, dont l'édition […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/typographie/#i_22608

Pour citer l’article

Michel MARION, « BASKERVILLE JOHN - (1706-1775) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 14 août 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/john-baskerville/