ÉCHECS JEU D'
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Au sein de la famille – vaste, variée et mal définie – des jeux, les échecs sont à ranger dans la catégorie des jeux de combinaisons à information complète. Ils constituent une activité mentale souvent intense, riche en suspense et qui exprime avec beaucoup de nuances les personnalités de ceux qui s'y adonnent. Leurs règles, qui n'ont cessé d'évoluer depuis la naissance du jeu, peuvent être considérées, à quelques détails près, comme bien fixées depuis le xviiie siècle, du moins en ce qui concerne la partie d'échecs.
Origines et histoire du jeu
Si l'on écarte diverses légendes (le Grec Palamède à la guerre de Troie, le brahmane Sissa, auquel se rattache la fable des grains de blé…), la date de naissance du jeu d'échecs dépend de la définition plus ou moins large que l'on en donne. On trouve dès le IIIe millénaire des jeux consistant à déplacer des pions sur un quadrillage. Mais le jeu actuel, décrit dans les lignes précédentes, paraît bien issu d'un autre jeu, apparu en Inde vers 570 après Jésus-Christ – la thèse selon laquelle le jeu est d'abord apparu en Chine avant de passer en Inde compte quelques défenseurs. Appelé tchaturanga (« jeu des quatre rois »), il se disputait sur 8 × 8 = 64 cases (comme le jeu d’échecs actuel), entre quatre adversaires, chacun jouant pour son propre compte et possédant un navire, un cheval, un éléphant, un roi et quatre pions. Chaque joueur jouait à tour de rôle, un jet de dé indiquant la pièce qu'il devait obligatoirement déplacer, le choix de la case incombant à sa réflexion.
En peu d'années, les dés – et, par conséquent, le recours au hasard – furent supprimés ; les joueurs s'associèrent deux à deux, puis mirent leurs pièces côte à côte et, enfin, la direction de chacun des deux camps fut confiée à un seul joueur.
Ainsi constitué, le jeu d'échecs va être diffusé dans trois directions : vers la Chine, puis la Corée et enfin le Japon, où il donne naissance à des variantes quelque peu différentes. Beaucoup plus tard, peut-être au xiiie siècle, on le retrouve en Russie (grâce à l'intermédiaire des Mongols ou des Tartares ou encore de l'Empire byzantin), d'où il repart vers la Scandinavie, l'Allemagne et l'Écosse. Il est ensuite apporté en Iran par des marchands et prendra le nom de shatrang. Enfin, il est adopté par les Arabes, qui, après avoir conquis l'Iran, le diffusent sur le littoral nord de l'Afrique et l'introduisent en Espagne. Le jeu se répand alors dans toute la chrétienté et, aux manuscrits arabes qui l’évoquent, vont succéder des manuscrits européens. Parallèlement, la marche de certaines pièces s’est modifiée et, à quelques détails près, toutes les règles vraiment significatives du jeu (y compris l'avance facultative des pions, la prise en passant, la promotion et le roque) sont acquises à la fin du xve siècle.
D'Espagne, le sceptre des échecs va passer en Italie (xvie et xviie siècles), puis en France (xviiie siècle), en Grande-Bretagne, en Allemagne (xixe et début du xxe siècle). Après la Seconde Guerre mondiale, il est longtemps resté, chez les hommes, la propriété de l'Union soviétique puis de la Russie, dont la suprématie, en soixante ans, n'aura été vraiment battue en brèche que par le seul Américain Bobby Fischer (1972-1975).
Avant la Seconde Guerre mondiale, la meilleure joueuse du monde, Vera Menchik-Stevenson, était britannique. Après la création, en 1949, d'un championnat du monde féminin jusqu'à la disparition de l'URSS (1991), les championnes couronnées auront toutes été soviétiques... Les années suivantes verront s'imposer des joueuses d'autres nationalités.
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Écrit par
- François LE LIONNAIS : Conseiller scientifique.
- Jean-Michel PÉCHINÉ
: journaliste au magazine
Europe Échecs - Encyclopædia Universalis : services rédactionnels de l'Encyclopædia Universalis
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