LONGO JEANNIE (1958- )

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Troisième et dernière fille d'un directeur d'entreprise de travaux publics et d'une institutrice et professeur de gymnastique à Saint-Gervais (Haute-Savoie), Jeannie Longo, née le 31 octobre 1958 à Annecy, monta sur un vélo à l'âge de trois ans et demi et participa à sa première épreuve cyclosportive à dix ans. Mais c'est vers le ski, géographie oblige, qu'elle s'orienta naturellement. Membre de l'équipe de France universitaire, la jeune Longo obtint la cinquième place au Championnat de France de slalom de 1982.

À partir du moment où elle opta définitivement pour la compétition cycliste, son tempérament individualiste la confina souvent dans l'isolement, sa logique de championne se heurtant à l'incompréhension collective, sa hargne de femme percutante rejoignant parfois son double d'athlète persécutée. Son palmarès est pourtant très étoffé, et peut-être fallait-il aussi qu'il soit contesté pour être pleinement reconnu. Jeannie Longo a remporté, notamment, treize titres mondiaux : sur route (en 1985, 1986, 1987, 1989 et 1995), de poursuite (en 1986, 1988 et 1989), de course aux points (1989) et contre la montre (1995, 1996, 1997 et 2001) et trois Tours de France féminins d'affilée (1987, 1988 et 1989). Enfin, sacre suprême, vient le temps de l'or olympique aux Jeux d’Atlanta, en 1996.

Jeannie Longo, 1996

Photographie : Jeannie Longo, 1996

Jeannie Longo, apaisée, après sa victoire dans la course cycliste sur route aux jeux Olympiques d'Atlanta, en 1996. Depuis 1984, la plus grande championne de son époque, jouant de malchance, manquait ses rendez-vous avec la gloire olympique. À trente-huit ans, enfin sereine, la Grenobloise... 

Crédits : Mike Powell/ Allsport/ Getty Images

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De démêlés orageux en maillots arc-en-ciel, Jeannie Longo a toujours montré le même caractère entier. Aussi, ses premiers pas de championne coïncidèrent-ils avec ses premières infortunes. En 1980 à Sallanches, tout près de chez elle, le Championnat du monde sur route s'avère une cruelle désillusion : victime d'une chute, elle termine dixième, en pleurs. Le lendemain, Bernard Hinault est consacré alors qu'elle parle – déjà et encore – de retraite...

Pionnière, Jeannie Longo fut la première femme autorisée à courir dans les courses seniors amateurs (1980). La première aussi à utiliser un cadre plongeant (1986) et à titiller les professionnels en réalisant un « chrono » flatteur lors du prologue du Critérium du Dauphiné libéré (1987). Longo entame alors une insatiable quête de reconnaissance, accumulant les titres mondiaux sur piste comme sur route, mais butant longtemps pour obtenir la consécration olympique. En 1984, lors des jeux Olympiques de Los Angeles, Jeannie Longo se voit championne olympique à 2 kilomètres de l'arrivée, quand elle est percutée par l'Italienne Maria Canins – qui va devenir sa grande rivale ; le choc la laisse avec un dérailleur hors d'usage... et des sanglots plein les yeux. Sixième après avoir rallié à pied l'arrivée, Jeannie est désemparée, déprimée.

Dès 1985, ses tourments s'apaisent. Deuxième du Tour de France féminin (derrière Canins), deuxième encore au Championnat du monde de poursuite, elle ravit le titre mondial sur route à Maria Canins, dans le pays de celle-ci. À vingt-sept ans, sa carrière tutoie enfin les sommets, et s'accélère tous azimuts. Affectivement d'abord : le 24 décembre 1985, elle prend pour époux Patrice Ciprelli. Professionnellement ensuite : après des études à la faculté de gestion de Grenoble, après un D.E.U.G. d'informatique et de mathématiques et une maîtrise de gestion, elle réussit en 1986 ses examens de droit et économie du sport à Limoges. Sportivement enfin : sa notoriété comme sa popularité s'envolent au gré de compétitions menées comme autant de combats.

Une respectabilité qui va prendre une nouvelle envergure en 1986. Deuxième du Tour de France féminin, derrière Canins en raison des prouesses de l'Italienne dans les étapes de haute montagne, « la Longo », comme on l'appelle désormais, sonnera une charge cinglante en fin de saison. À Colorado Springs, elle devient championne du monde de poursuite ; après six tentatives infructueuses, elle a donc enfin battu sa bête noire, l'Américaine Rebecca Twigg. Dans la foulée, elle décide de s'attaquer au vieux record de l'heure féminin (43,082 km, établi en 1978). Sa tentative bolivienne à La Paz (3 658 m d'altitude) avortée après bien des péripéties, Longo se rabat sur Colorado Springs, où elle réussit à couvrir 44,770 km, nouveau record du monde en altitude.

Sur la piste Vigorelli de Milan, elle établit ensuite un nouveau record de l'heure, celui-ci répertorié au niveau de la mer (43,587 km), avant de s'approprier le record de l'heure sur piste couverte (44,718 km) à Gre [...]

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  • Pierre LAGRUE
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Pierre BALLESTER, « LONGO JEANNIE (1958- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 juin 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/jeannie-longo/