PRÉVERT JACQUES (1900-1977)

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Jacques Prévert

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Les Enfants du paradis

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Il est assez curieux de constater que les meilleurs écrivains de notre temps (Céline, Giono, Aymé, Audiberti, Queneau) ont tous édifié leur œuvre à l'écart des modes et des théories littéraires qui fourmillaient de leur vivant. Jacques Prévert n'échappe pas à cette observation : tant d'années après sa mort, il reste le poète français le plus célèbre parmi ses contemporains. Ce succès peu commun qu'il a rencontré auprès de trois générations de cinéphiles et de lecteurs est un phénomène digne de considération : il témoigne, en effet, contre les démiurges de l'Université, de la possibilité d'allier, aujourd'hui encore, une inspiration largement populaire et une écriture très personnelle.

Jacques Prévert

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Jacques Prévert reste un des poètes français les plus populaires. Son œuvre, qui mêle légèreté et gravité, continue d'être l'une des plus lues et des plus étudiées dans les écoles. Elle survit à la fois grâce aux collaborations que Prévert a eues pour le cinéma en tant que... 

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Pourtant, Prévert avait pris un risque certain : en choisissant de s'illustrer dans plusieurs domaines, il courait le danger de n'être apprécié ni dans l'un ni dans l'autre. En fait, dès L'affaire est dans le sac, et jusqu'aux Enfants du paradis, le poète n'a jamais cessé d'imposer sa voix à l'auteur de films : à la parution de Paroles, en 1946, personne ne fut vraiment étonné.

Cinéma et poésie

Jacques Prévert est né le 4 février 1900, à Neuilly-sur-Seine. Son père vit de métiers divers, jamais enrichissants. Jacques et Pierre, son frère cadet, grandissent à Paris, de modeste manière. Ils y gagneront l'amour de la classe populaire, avec une préférence marquée pour le peuple des villes. Le jeune Jacques ne va pas très longtemps en classe. Il fait son apprentissage de la vie quotidienne au Bon Marché, où il confectionne des paquets, et celui de la vie rêvée au théâtre, où son père l'emmène souvent. Il est mobilisé en 1918 et, la guerre finie, achève son service militaire au Proche-Orient. C'est alors qu'il fait la connaissance (en 1920, précisément) d'Yves Tanguy à Saint-Nicolas-de-Port, et de Marcel Duhamel à Constantinople. Les trois amis s'intègrent au groupe surréaliste en 1925 mais, assez vite, entrent dans la dissidence en fondant le « groupe de la rue du Château » (auquel viendront s'adjoindre Raymond Queneau et Michel Leiris).

Le premier poème de Prévert : « Souvenirs de famille ou l'Ange garde-chiourme », paraît en 1930 dans Bifur. Un an plus tard, Commerce publie « Tentative de description d'un dîner de têtes à Paris-France ». Mais l'action sociale attire le jeune poète. En 1932, une équipe d'intellectuels passionnés de théâtre militant fonde le groupe Octobre. Jacques Prévert est vite enthousiasmé par la chaleur de ces interprètes et se met à écrire des textes, poèmes pour chœurs parlés ou saynètes impromptues, à leur intention. L'aventure dure jusqu'en 1936, marquée en 1933 par la participation aux Olympiades théâtrales de Moscou, et en 1936 par de nombreuses représentations dans les usines en grève.

Parallèlement, Jacques Prévert entreprend d'écrire pour le cinéma. Depuis L'affaire est dans le sac, de son frère Pierre (1932), il a collaboré à plusieurs films, dont le plus célèbre est Le Crime de M. Lange, de Jean Renoir (1935). Au moment où le groupe Octobre se défait, il se consacre entièrement, et avec un succès grandissant, à une activité de scénariste et de dialoguiste. Il collabore ainsi, d'une manière plus ou moins profonde, à près de trente-cinq films, dont les plus fameux, tous réalisés par Marcel Carné, restent : Jenny (1936), Drôle de drame (1937), Le Quai des brumes (1938), Le jour se lève (1939), Les Visiteurs du soir (1942), Les Enfants du paradis (1945) et Les Portes de la nuit (1946).

Les Enfants du paradis

Les Enfants du paradis

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Les Enfants du paradis est peut-être le film le plus célèbre du couple Carné-Prévert. Cette fresque de près de trois heures, commencée sous l'Occupation et achevée en mars 1945, marque l'apogée du réalisme poétique au cinéma. 

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Pendant ces années d'intense travail cinématographique, Jacques Prévert continue, de temps à autre, à écrire des poèmes, dont quelques-uns paraissent dans des revues, et certains circulent dans les poches de ses amis. Sous l'occupation allemande, un groupe de professeurs et d'élèves du lycée de Reims publie un recueil de ces poèmes, interdits par la censure, sous une forme clandestine et polycopiée. C'est ce recueil qui, au lendemain de la guerre, forme le noyau de Paroles (1946). Le succès de ce volume est immense et durable. Joseph Kosma met en musique un grand nombre de ces textes, dont certains font ainsi le tour du monde (Barbara, Les Enfants qui s'aiment). (Notons ici que la plus célèbre chanson de Prévert et Kosma, Les Feuilles mortes, ne se trouve pas dans Paroles : c'est la chanson du film Les Portes de la nuit.)

En 1948, à la suite d'un grave accident, Jacques Prévert s'installe à Saint-Paul-de-Vence. C'est là qu'il écrit la plupart des livres qui vont suivre : Spectacle (1951), Grand Bal du printemps, avec d'admirables photographies d'Izis (1951), La Pluie et le beau temps (1955).

De retour à Paris en 1955, il se consacre surtout à des collages, dont il compose le volume Fatras (1965). Enfin, il se retire dans le Cotentin où il meurt, le 12 avril 1977, après une longue maladie.

Une poésie du verbe

L'œuvre de Jacques Prévert a connu un curieux renversement de perspective. Ses poèmes, publiés à partir de 1946, ont été composés dix ou quinze ans auparavant. Pour le grand public, l'auteur de films a précédé le poète. Or, c'est le contraire qui s'est produit dans la réalité.

On pourrait alors se demander, en observant que Prévert n'a pas commencé à écrire très jeune : qui a précédé le poète ? Il faudrait sans doute répondre : l'homme de la parole. Jacques Prévert était un prodigieux parleur. Il produisait, sur un débit presque monocorde, mais jamais monotone, des milliers de phrases pleines d'idées, d'images, de maximes cocasses, d'observations pénétrantes, de pirouettes et de jugements profonds. On était fasciné autant qu'ébloui par cette étincelante faconde, pétillante et passionnée, narquoise et généreuse.

J'ai dit « l'homme de la parole », et non pas « des discours » : ce bavard merveilleux n'était ni un raisonneur, ni un prophète, ni un gonfleur de ballons politiques. Les discours, dans son œuvre, sont toujours parodiques, visant les phrases creuses, les lieux communs et les superlatifs cache-misère.

Quand Jacques Prévert, aux alentours de 1930, a saisi une plume, l'homme de la parole ne s'est pas effacé devant l'écrivain nouveau-né : il s'est penché vers lui et n'a plus jamais cessé de lui souffler à l'oreille. Voilà pourquoi les poèmes de Prévert sont si fortement « parlés » : adaptés à l'usage habituel de la langue, des lèvres et du palais, et découpés sur le souffle, sur le volume des poumons et la manière de s'en servir. Si son premier recueil s'est appelé Paroles, ce n'est ni par orgueil ni par humilité, mais parce que le mot définissait la chose en toute exactitude.

Voilà pourquoi, aussi, les premiers textes de Prévert présentés au public furent composés pour les comédiens du groupe Octobre : ils sortaient de sa bouche, ils avaient besoin de la voix et du geste pour prendre vie.

Voilà pourquoi, enfin, les plus grandes œuvres de Jacques Prévert sont des œuvres cinématographiques. Mais nous y reviendrons tout à l'heure.

Il serait déraisonnable d'entériner le verdict du temps et de séparer, comme l'a fait la faveur publique, les poèmes de Prévert de son action dans le groupe Octobre. (Il a d'ailleurs lui-même rectifié cette vision anachronique, puisque Paroles contient plusieurs saynètes de circonstance, comme Le Tableau des merveilles et La Bataille de Fontenoy.) Ce qui les réunit, c'est une inspiration commune et un analogue traitement du langage.

L'inspiration, c'est la défense de la classe ouvrière contre ses exploiteurs, l'espoir d'une société juste et fraternelle. En fait, Prévert ne traite pas ce vaste et brûlant sujet en analyste raisonneur et pondéré. Il exprime la peine et la joie, la misère et l'espoir, avec force et conviction, mais un peu en vrac. Il n'élabore pas une stratégie de la révolution, il ne propose pas des solutions immédiatement applicables, avec mode d'emploi (ce qui le sépare de Brecht, entre autres différences). Cela vient évidemment du fait que Prévert est un poète, c'est-à-dire un homme d'émotion, mais pas d'idéologie. Quand un prolétaire, chez lui, part à la conquête du monde, il n'a pas un fusil à la main, mais une petite fille, ou une fleur, et un oiseau sur l'épaule.

Ce message, imprécis mais plein de chaleur, limite évidemment la portée « politique » de l'œuvre, mais il convenait exactement au public ouvrier du début des années 1930, un public peu ou mal politisé, qui préparait dans la fièvre, et sans bien le savoir, le Front populaire.

La langue de ces poèmes joue assez adroitement sur deux registres : un langage simple et dépouillé, très proche du parler quotidien, qui appartient moins à celui du « peuple » qu'à celui de tout le monde, et une utilisation courante des jeux de mots sous toutes leurs formes, démarche presque sophistiquée de rhétoriqueur adroit. L'ensemble constitue un outil poétique très efficace, qui favorise tour à tour le lyrisme et le sarcasme, et dont l'ambiguïté même peut toucher un très vaste public.

Ces qualités d'inspiration et de langage ont trouvé dans le cinéma un merveilleux champ d'application. Né cent ans auparavant, Jacques Prévert eût probablement écrit pour le théâtre. Mais l'éclat et la fragilité des images animées convenaient mieux sans doute à la profondeur légère de ses dialogues aigus et transparents.

Il n'est évidemment pas facile (il est même impossible) d'apprécier la part de Prévert dans certains films où il ne fut pas l'unique auteur du scénario, de l'adaptation et des dialogues. Il a ainsi collaboré avec Jacques Viot (Le jour se lève), Pierre Laroche (Les Visiteurs du soir, Lumière d'été, L'Arche de Noé) ; Claude Accursi (Voyage Surprise) ; Paul Grimault (La Bergère et le Ramoneur). En revanche, on peut lui attribuer l'entière paternité de plusieurs œuvres, et notamment des plus importantes, même quand le scénario est tiré d'un roman préexistant. Nous citerons seulement ici : Drôle de drame (roman de Storer Clouston), Quai des brumes (d'après Pierre Mac Orlan), Les Enfants du paradis et Les Portes de la nuit.

Ce qui frappe, dans ces films, c'est d'abord une très grande tendresse à l'égard des personnages. Même les mauvais sujets, même les criminels (comme Lacenaire, dans Les Enfants du paradis) sont traités avec une immense compréhension, une sorte de compassion stupéfiée, qui refuse de les rejeter définitivement de la communauté humaine.

On est également frappé (mais ceci procède de cela) par la richesse des personnages : aucun d'entre eux n'est déterminé par un seul groupe de motifs, leurs sentiments les partagent inconfortablement, ils abritent des zones obscures qui surprennent toujours, ici ou là, le spectateur. De là vient peut-être certain caractère contradictoire qui les anime. Ils possèdent une dimension poétique qui extrait du simple quotidien les aventures qu'ils connaissent. Mais ils conservent un aspect réaliste qui emporte la conviction, alors même qu'ils vivent des événements peu croyables dans un monde presque irréel.

Le quotidien et le merveilleux

On est loin, cette fois, du poète d'Octobre qui écrivait des saynètes édifiantes pour réconforter les grévistes des années 1930. Mais les poètes ne changent pas de morale comme de couvre-chef : c'est toujours le même homme qui parle, toujours la même voix que l'on entend.

Tout au long de sa vie, Jacques Prévert n'a jamais cessé de défendre les faibles contre les forts, les pauvres contre les riches, les exploités contre les exploiteurs. Cependant, d'une année à l'autre, sa pugnacité s'est émoussée. Ou, plus exactement, dédaignant toute analyse politique détaillée, son attitude s'est ramenée à ceci : « À bas les patrons ! À bas l'armée ! À bas les curés ! Vive le peuple ! » Cette profession de foi s'établissant en outre sur une générosité profonde et inusable, elle refuse naturellement toute violence délibérée. On reconnaît là cette sorte d'anarchisme bon enfant qui connut le succès, entre les deux guerres, auprès de nombreux intellectuels que rendait méfiants l'action directe des partis. Prévert prône plutôt le refus que la révolte et ne pousse pas le peuple à la révolution. On pourrait se demander si cet homme qui déteste toute forme d'oppression ne pressent pas la triste inutilité d'un changement de régime qui ne sera qu'un changement de pouvoir.

Aujourd'hui, à mesure que l'époque du Front populaire s'éloigne, l'illusion d'un paradis social commence à se dissiper et les textes « politiques » de Prévert perdent parfois de leur alacrité : reste le merveilleux.

On a un peu de mal, de nos jours, à imaginer le novateur que fut Jacques Prévert dans ce domaine. Depuis plusieurs décennies, les petits poètes et les chanteurs à la mode peuplent les champs et les bois, les gouttières et les trottoirs, de fleurs qui soupirent, de bêtes qui parlent et de maisons qui marchent. Il n'en était pas de même en 1930. La poésie restait sur son quant-à-soi (même chez Apollinaire et Max Jacob) : le merveilleux logeait sur des cimes parnassiennes. Prévert est le premier, ou peu s'en faut, à l'avoir fait circuler au milieu des hommes.

Cette entreprise venait tout naturellement de son engagement social : on ne peut pas proposer des contes de fées, à la manière de Perrault (ni même d'Andersen), aux prolétaires du xxe siècle. Pourtant, les hommes d'aujourd'hui, comme ceux de tous les temps, ont besoin de rêver. On leur proposera donc des rêves qui s'intègrent à leur désir de changer le monde, qui le nourrissent même, et qui le réconfortent.

Le « merveilleux quotidien » de Jacques Prévert accorde, pour la première fois, la ville et la campagne, le bitume et le tournesol, la mine et le raton-laveur. C'est (mode ou nécessité écologique mise à part) une façon subtile de renouveler la lanterne magique : le conteur propose des rêves qui paraissent à portée de la main, mais qui n'en sont pas moins inaccessibles. Le piège s'est définitivement refermé sur l'avenir des hommes. Le poète du groupe Octobre est désormais aussi loin de nous que celui de La Petite Sirène. Personne n'écrirait aujourd'hui sans rire :

les pupitres redeviennent arbres la craie redevient falaise le porte-plume redevient oiseau(Paroles)

On continue, en revanche, à composer et à lire des poèmes d'amour, peut-être parce que c'est encore l'aventure à la fois la plus merveilleuse et la plus quotidienne. Jacques Prévert a parlé admirablement de cette aventure, en sachant ménager la part du rêve, mais aussi exprimer le bonheur le plus familier (Démons et merveilles).

C'est le même merveilleux qui apparaît dans tous ses films. Même dans ceux qui semblent les plus réalistes, les personnages poursuivent des rêves impossibles, et qu'ils n'atteindront précisément jamais. Baptiste (Les Enfants du paradis) est évidemment celui qui les représente le mieux. Mais on en trouverait d'analogues dans Quai des brumes, dans Le jour se lève, dans Les Portes de la nuit. Et si ce rêve s'incarne le plus souvent dans une femme, ce n'est pas seulement pour des raisons de construction dramatique. C'est qu'un être de chair peut constituer la plus proche et la plus inaccessible des choses : que dire alors de ces êtres d'ombres et de lumière admirablement filmés par Marcel Carné ? Le merveilleux peut ainsi trouver sa dimension tragique.

Cela nous amène à observer la double attitude de Prévert à l'égard de l'amour : presque tous ses poèmes parlent d'amour heureux, et tous ses films d'amours impossibles. On dirait que les rêves se brisent dès qu'ils quittent l'imagination du poète pour se cogner contre la réalité. Voilà qui devrait permettre de nuancer ce qui a longtemps paru, chez Jacques Prévert, comme une sorte d'optimisme jovial et sans arrière-pensée.

Ce qui se démode le plus vite, chez un auteur, on le sait bien, ce sont les textes inspirés par les circonstances, et notamment par les fluctuations de la vie politique. Ce qui peut demeurer, en revanche, ce sont les œuvres qui témoignent de situations et de sentiments éternels. Dans le cas de Prévert, la postérité risque fort d'être embarrassée. Car, si la lutte ouvrière a notablement changé de forme et d'objectifs depuis 1930, l'espoir, la conviction et la générosité qui l'inspirent n'ont pas vieilli.

De son vivant, Jacques Prévert fut le poète le plus populaire de son temps. On pourrait bien découvrir, un jour ou l'autre, qu'il fut en réalité le seul poète vraiment populaire du xxe siècle. On pourrait bien en conclure que ledit siècle en éprouvait le plus urgent besoin, ce qui stupéfiera les uns et révoltera les autres : tous les faiseurs de vers ne peuvent en dire autant.

—  Jacques BENS

Quelques œuvres écrites de Jacques Prévert

Paroles, poèmes, Gallimard, 1946 ; Histoires, poèmes (en collaboration avec André Verdet), Le Pré aux clercs, Paris, 1946 ; Des bêtes, photos d'Ylla, Gallimard, 1950 ; Spectacle, poèmes, ibid., 1951 ; Le Grand Bal du printemps, photos d'Izis, La Guilde du livre, Lausanne, 1951 ; Charmes de Londres, photos d'Izis, ibid., 1952 ; La Pluie et le beau temps, poèmes, Gallimard, 1955 ; Fatras, collages, ibid., 1965 ; Hebdromadaires (en collaboration avec André Pozner), entretiens, ibid., 1982 ; Œuvres complètes, éd. D. Gasiglia Laster et A. Laster, ibid., 1992.

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Jacques BENS, « PRÉVERT JACQUES - (1900-1977) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 février 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/jacques-prevert/