ILLUMINISMO

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La spécificité de la philosophie des « Lumières » en italie se manifeste, sous l'appellation d'Illuminismo, par le relatif abandon de la spéculation métaphysique et de la recherche scientifique par la pensée philosophique. L'époque précédente avait été dominée par la philosophie galiléenne, ainsi que par l'influence de Descartes et de Gassendi. La philosophie italienne du xviiie siècle participe au renouveau européen par une réflexion concrète sur l'activité humaine (le facere) ; les maîtres de l'époque, Muratori, Vico, Giannone, Genovesi, Beccaria, se préoccupent de psychologie rationnelle, tentent de définir la nature de l'histoire ou d'assigner au droit une finalité. Tous ces auteurs entendent ramener les prétentions de la raison à des limites humaines et montrer que les résultats de son exercice peuvent être trouvés dans l'histoire.

Ludovico Antonio Muratori (1672-1750) fait appel à la catégorie assez vague du bon sens pour distinguer la superstition fanatique de la croyance rationnelle. Dans ses Réflexions sur le bon goût dans les sciences et les beaux-arts (1708), il montre que la connaissance humaine ne peut prétendre découvrir l'essence réelle des choses ni les principes premiers ; à ses yeux, les témoignages des sens et de la raison sont suffisants à notre compréhension du monde.

Giambattista Vico (1668-1744) fonde sa réflexion sur une violente critique de Descartes : « L'idée claire n'est bonne que pour les mathématiques et pour la physique fondamentale. Une idée claire est une idée finie ; or il est bien des domaines dans lesquels je ne peux avoir d'idée finie : ainsi en est-il de l'idée de ma douleur qui est infinie. » C'est ce côté obscur, profond, indéfini de la nature que Vico veut éclairer dans ses Principii di una scienza nuova d'intorno alla comune natura della razione (1725) : son but avoué est de déterminer les traits généraux communs au développement de toutes les nations. Vico admet la conception chrétienne de l'histoire ; mais il est aussi platonicien : il existe pour lui des lois éternelles qui se retrouvent dans l'histoire de toutes les nations ; en fait, l'histoire recommence avec chaque nation parce que le temps est de forme cyclique, tournant et retournant sur lui-même.

Vico est antirationaliste : il n'admet pas que la raison ait existé à l'aube de l'humanité, à l'aube de chaque civilisation. Il prétend qu'il existe chez les hommes un « sens commun » qui est un jugement sans réflexion — donc excluant la raison — ressenti par toute une nation et même par l'humanité tout entière. Il peut donc y avoir des lois uniformes dans la genèse des nations mais elles ne doivent rien à la raison. Sur la base de l'analyse positive de l'histoire, des croyances religieuses, des usages juridiques, des mœurs et du langage des peuples, Vico montre qu'il faut distinguer trois âges dans le développement des civilisations : toutes, elles débutent par une époque démocratique, âge des dieux qui possèdent tout ; puis apparaît l'âge héroïque, où l'aristocratie domine le peuple, mais où le droit de la force est tempéré par la religion ; enfin, c'est l'âge de la raison où les relations de droit deviennent universelles et où triomphe le gouvernement humain dont les lois sont conscientes et raisonnées. Cette progression est caractérisée par le développement inverse de l'imagination et de la raison : les premières relations sociales étaient presque entièrement fondées sur des croyances dues à l'imagination. Vico réhabilite à ce point l'imagination qu'il affirme qu'il est heureux que la raison n'ait fait qu'une apparition tardive dans l'histoire et qu'ait pu ainsi se produire une maturation indispensable à l'équilibre des civilisations.

L'œuvre de Pietro Giannone (1676-1748) est tout entière consacrée à la critique des abus de l'Église ; dans son Histoire civile du royaume de Naples (1723) et dans son Triregno (paru pour la première fois seulement en 1895), il soutient les droits des États contre ceux de l'Église, ce qui lui valut d'être persécuté. Giannone, qui ne voit dans les pensées que les produits d'un système mécanique mu par un esprit très proche de celui des animaux, refuse l'idée de la séparation du c [...]

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VERRI ALESSANDRO (1741-1816)

  • Écrit par 
  • Norbert JONARD
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Né au sein d'une famille patricienne milanaise, Alessandro Verri est le frère du comte Pietro, son aîné, avec lequel il fonda en 1761 l'Accademia dei Pugni (« des coups de poings ») dont le nom dit assez le désir qu'avaient ces jeunes gens de rompre avec la tradition pour réformer la société. Une fois achevées ses études de droit, Alessandro Verri entreprit une Histoire d'Italie (1764-1766) qu'i […] Lire la suite

Pour citer l’article

Olivier JUILLIARD, « ILLUMINISMO », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 12 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/illuminismo/