IJSSELMEER

Lac d'eau douce des Pays-Bas, l'IJsselmeer occupe la partie septentrionale de l'ancien Zuiderzee, vaste golfe de la mer du Nord (3 500 km2), qui a été endigué et poldérisé au cours du xxe siècle. L'origine du Zuiderzee (ou « mer du Sud ») est très récente. Ce n'est qu'au xive siècle, sans doute en 1395, que les eaux marines, après avoir rompu le cordon littoral des îles frisonnes, ont fait irruption dans les terres et rejoint un lac d'eau douce connu des Romains sous le nom de Flevo Lacus, lac qui s'étendait au nord-ouest du site actuel d'Amsterdam.

La profondeur du golfe, de 4 à 6 mètres au sud, s'accroît progressivement vers le nord jusqu'à 11 ou 12 mètres ; des lits fluviaux, anciens émissaires du lac Flevo, se reconnaissent à leurs méandres et à des profondeurs plus grandes (jusqu'à 15 m). Plusieurs bras secondaires du Rhin, en particulier l'IJssel et le Vecht, viennent s'y jeter.

Jusqu'au début du xxe siècle, le Zuiderzee a connu une assez grande activité maritime grâce à la pêche et au trafic portuaire d'Amsterdam. Depuis 1918, il est le théâtre d'une extraordinaire entreprise d'assèchement et de colonisation qui n'est toujours pas achevée au milieu des années 1990. À la suite du raz de marée de 1916, qui causa plusieurs ruptures de digues et des inondations, inquiets aussi des difficultés de ravitaillement dues à la Première Guerre mondiale, les Néerlandais décidèrent d'entreprendre des travaux très ambitieux, dont l'ingénieur Cornelis Lely avait démontré la possibilité.

La loi du 14 juin 1918 confiait à l'État néerlandais le soin de fermer le golfe par une digue, d'y assécher cinq polders et d'y installer des agriculteurs, afin de réaliser les objectifs suivants :

– augmenter l'espace agricole national, trop exigu pour une population nombreuse et en voie d'accroissement rapide ;

– raccourcir les lignes de défense contre la mer et, ainsi, mieux protéger l'intérieur du pays contre les dangers d'inondation ;

– améliorer les communications entre le nord et l'ouest du pays, grâce à la route qui reposerait sur la digue ;

– constituer une réserve d'eau douce dans la partie nor [...]

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  • : docteur ès lettres, professeur à l'université de Paris-VII

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Pour citer l’article

Claude MOINDROT, « IJSSELMEER », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le . URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/ijsselmeer/