HYSTÉRIE (histoire du concept)

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Frontières de l'hystérie

Hystérie et simulation

L'opposition entre simulation et hystérie n'est pas toujours admise, mais si l'on considère l'hystérique comme un simulateur, il faut bien admettre qu'il n'est pas un simulateur comme les autres. Assurément son insincérité est plus ou moins consciente mais comment parler de mensonge chez un être pour qui la réalité n'existe guère. Son absence d'insight, son manque de pénétration psychologique vis-à-vis des autres rendent compte de la puérilité de ses subterfuges, de son étonnement enfantin lorsqu'il est démasqué. Mais par une sorte d'érotisation de l'imaginaire, le simulacre et le jeu peuvent devenir source d'un plaisir qui n'est pas sans perversité...

Pathologie cérébrale organique

Certaines affections cérébrales ont avec l'hystérie une évidente parenté d'expression et peuvent donner lieu à des manifestations d'allure hystériforme. C'est ainsi qu'une épilepsie psychomotrice peut être prise à tort pour une crise d'hystérie (il semble que ce fut le cas pour un certain nombre des malades de Charcot) et inversement qu'un épileptique peut utiliser sa maladie à des fins névrotiques et joindre à ses crises comitiales des manifestations hystériques. C'est peut-être avec les atteintes infectieuses ou toxiques de la base du cerveau que l'on observe les crises excito-motrices les plus proches de l'expressivité hystérique, mais s'il y a analogie clinique superficielle, il n'y a ni finalité inconsciente ni utilisation secondaire.

Hystérie de conversion et hystérie d'angoisse

Sous le terme hystérie d'angoisse, Freud isola une variété particulière de névrose dont le symptôme central est la phobie ; il en souligna la similitude structurale avec l'hystérie de conversion. En effet, dans l'un et l'autre cas l'action du refoulement tend essentiellement à séparer l'affect de la représentation. Cependant, Freud souligna une différence fondamentale : dans l'hystérie d'angoisse, « la libido que le refoulement a détachée du matériel pathogène n'est pas convertie... mais libérée sous forme d'angoisse ». Le déplacement de l'angoisse sur un objet extérieur (agoraphobie, phobie d'animaux) est secondaire au surgissement d'une angoisse libre, non liée à un objet.

Expression émotionnelle

Ainsi que l'ont fait remarquer H. Ey, P. Bernard et C. Brisset, « le contenu manifeste de l'hystérie est une exagération pathologique de certains modes normaux d'expression. À tout un chacun, la peur « coupe la voix ou les jambes », l'attention concentrée nous rend « insensibles à la douleur » ou à certaines perceptions, nous « oublions » certaines réalités qui nous gênent ; la joie, la peur ou la colère « nous font » danser, crier, rougir ou blêmir, serrer les poings, le dégoût nous donne la nausée, etc. Ce sont là des manifestations non verbales de l'émotion. L'hystérique parle ce « langage des organes » avec une éloquence toute spéciale. Il vit les métaphores au lieu de les parler, et c'est là l'essentiel du phénomène de conversion somatique. »

Expression psychosomatique

Faut-il avec F. Alexander séparer radicalement le domaine de l'hystérie de celui de la névrose d'organes ? Il semble préférable d'y voir une différence plus quantitative que qualitative. L'expression somatique de l'affect reste dans l'hystérie facilement déchiffrable quoique symbolique, ce qui n'est pas le cas dans la pathologie psychosomatique. La conversion psychosomatique est beaucoup plus profonde que la conversion hystérique ; elle comporte une atteinte lésionnelle au niveau tissulaire (par exemple un ulcère d'estomac, un infarctus du myocarde), alors que le symptôme hystérique est souvent mobile, toujours réversible, jamais authentifié. Cependant, certains faits psychosomatiques sont bien proches des réactions hystériques, et il existe une grande similitude entre la personnalité hystérique et la personnalité de certains psychosomatiques comme les allergiques.

Qu'il y ait des particularités neurobiologiques dans l'organisation de la personne hystérique, cela paraît une évidence. Il y a eu des recherches dans ce domaine, inspirées généralement des théories pavloviennes et utilisant les techniques de conditionnement. Les résultats en sont encore fragmentaires et contradictoires, les extrapolations souvent hasardeuses. On peut cependant entrevoir dès maintenant un apport possible de la [...]

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Pour citer l’article

Thérèse LEMPÉRIÈRE, « HYSTÉRIE (histoire du concept) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 03 février 2023. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/hysterie-histoire-du-concept/