MONTAZERI HOSSEIN ALI (1922-2009)

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Religieux iranien. Né à Najafabad, Hossein Ali Montazeri, fils d'un agriculteur qui enseignait le Coran, commence à étudier la grammaire arabe et la littérature persane à sept ans, et s'inscrit dès douze ans à l'école de théologie d'Ispahan. Il s'installe à dix-neuf ans dans la ville sainte de Qom, où il a pour maître le futur ayatollah Khomeyni. Durant l'exil de ce dernier, à partir de 1964, Montazeri devient son porte-parole en Iran et fait campagne pour son retour. Arrêté en 1974, il est maintenu à l'isolement pendant plusieurs mois et torturé. Libéré en 1978, il rejoint son mentor en France. Après la chute du régime du shah Muhammad Reza Pahlavi et le retour de Khomeyni à Téhéran en 1979, l'ayatollah Montazeri contribue à la rédaction de la Constitution du nouveau régime. C'est lui qui théorise le principe fondateur de la République islamique, le velayat-e faghih (la « souveraineté du dogme »), qui consacre la primauté du religieux sur le politique. En 1985, il est désigné comme le dauphin de l'ayatollah Khomeyni. Ayant reçu les titres de « grand ayatollah » et de marja (modèle à imiter), il est l'une des plus hautes autorités du chiisme. Mais ses nombreuses critiques à l'encontre du régime, notamment sur la conduite de la guerre contre l'Irak ou les agissements des services secrets, font qu'il est écarté de la succession à la mort de Khomeyni ; c'est Ali Khamenei qui devient le guide suprême de la révolution. Déchu peu à peu de ses fonctions, il s'oppose ouvertement à ce dernier, dont il conteste la légitimité, et dénonce les dérives autoritaires du régime. Il est alors placé en résidence surveillée et y reste jusqu'au début de 2003. Après l'élection controversée de Mahmoud Ahmadinejad en juin 2009, il se place dans le camp des contestataires, dénonçant l'illégitimité d'un système politique qui se maintient au pouvoir par la force et la répression. Ses funérailles, à Qom, sont l'occasion de manifestations massives contre le régime.

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IRAN - Histoire et politique

  • Écrit par 
  • Christian BROMBERGER, 
  • Robert MANTRAN
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Dans le chapitre « Les relations avec l'extérieur »  : […] Pendant ce temps, à Téhéran, la démission du Premier ministre Mir Hossein Moussavi est refusée, mais certains ministres de son cabinet sont très contestés par le Madjlis. Les rivalités internes sont fatales aux partisans de Montazeri, dont onze sont exécutés en novembre, ouvrant la voie à toute une vague d'exécutions politiques. À la fin de l'année, l'imam Khomeyni décrète la limitation des pouvoi […] Lire la suite

Les derniers événements

7-30 décembre 2009 Iran. Radicalisation de la contestation face à la répression gouvernementale

Hossein Ali Montazeri, mort deux jours auparavant. Cet ancien dauphin de l'ayatollah Khomeyni était, depuis la fin des années 1990, un des principaux opposants à Ali Khamenei et aux excès du pouvoir absolu. Durant la cérémonie, des centaines de milliers d'Iraniens bravent l'interdiction de manifester; des affrontements ont lieu entre partisans et opposants […] Lire la suite

28 mars 1989 Iran. Disgrâce de l'ayatollah Montazeri, successeur désigné de l'imām Khomeyni

Hossein Ali Montazeri de ses fonctions de successeur du « guide de la révolution », qui lui avaient été confiées en 1985 par le Conseil des experts, organisme composé de religieux. Cette disgrâce est une illustration supplémentaire de la lutte qui oppose à Téhéran les « radicaux » soutenus par l'imām Khomeyni aux « pragmatistes ». L'ayatollah Montazeri […] Lire la suite

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« MONTAZERI HOSSEIN ALI - (1922-2009) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 septembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/hossein-ali-montazeri/