HOMÈRE (exposition)

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Homère au fil des siècles

Cette grande machine, qui s’avance masquée comme le cheval de Troie, a trois objets assez différents : elle s’interroge sur la personnalité d’Homère et sur la nature de son œuvre ; elle souligne l’originalité de deux textes : l’un qui chante la guerre et qui a le goût du sang ; l’autre qui raconte le retour d’Ulysse dans son royaume et dont le récit des aventures permet de définir le héros comme celui qui triomphe des épreuves. L’exposition s’attache surtout à la réception dans les arts figurés des poèmes homériques, de l’Antiquité jusqu’à nos jours. C’est ainsi que, du célèbre peintre de vases Macron à Chagall, en passant par il Baciccio, Rubens, Watteau et Moreau, les épisodes de l’Iliade et de l’Odyssée sont tout à la fois illustrés et réinterprétés, posant la question de « l’homéromanie », cette passion un peu folle qui n’a cessé d’agiter l’Occident.

Le Rachat du corps d’Hector

Le Rachat du corps d’Hector

Photographie

L'Iliade comme l'Odyssée ont donné lieu à de multiples variations et réinterprétations dans tous les domaines de l'art. De provenance inconnue, ce sarcophage inspiré du chant XXIV de l'Iliade montre l'ambassade de Priam auprès d'Achille ; la restitution du corps d'Hector (photo) ; le... 

Crédits : Erich Lessing/ AKG-Images

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En ouverture, une assemblée des dieux et une représentation du poète précisent le lien entre le monde divin et l’artiste créateur : il est porteur d’une inspiration qu’il recueille auprès de sa Muse. D’emblée, le visiteur est confronté à un ensemble composite, qui mêle des originaux, des répliques et des copies. Les œuvres antiques sont présentées en compagnie d’œuvres contemporaines. Ce mélange des genres est accentué par le contraste des couleurs : à la blancheur des plâtres ou des marbres s’oppose le rouge sang des créations du temps présent. Une tapisserie de la manufacture des Gobelins représente un extrait du chant IV de l'Iliade ; elle a été tissée en 1994 d'après une œuvre de David Boeno (né en 1955). Face à elle se trouve un tableau de l’Américain Cy Twombly (1928-2011) : Achille se lamentant sur la mort de Patrocle (1962).

La distribution des objets joue avec deux références architecturales : l’hémicycle et le temple. À l’entrée, les gradins d’un odéon attendent le visiteur-auditeur. Au sein de l’exposition, un demi-cercle établit comme une césure entre deux moments dans la visite : celui réservé [...]


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Écrit par :

  • : professeur d'histoire ancienne, université de Bourgogne, Dijon

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Pour citer l’article

Hervé DUCHÊNE, « HOMÈRE (exposition) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 05 août 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/homere-exposition/