WROŃSKI HOËNÉ (1776-1853)

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Né à Poznań, Wroński lutte pour l'indépendance de la Pologne dans l'armée de Kościuszko, devient officier supérieur de l'armée russe et étudie en Allemagne le droit, la philosophie, les mathématiques avant de s'établir définitivement en France, où une illumination survenue le 15 août 1803 lui permet de concevoir l'« absolu ». Bien qu'inventeur fécond — il est le premier à avoir l'idée des chenilles de tanks —, Wroński passe alternativement par des périodes d'aisance et de pauvreté. Sans beaucoup de succès, il écrit aux grands de ce monde, surtout aux hommes politiques, aux chefs religieux, pour les convaincre de l'intérêt de sa pensée.

Un épisode pittoresque de l'illuminisme contribue à jeter le discrédit sur cet homme, pourtant génial. En 1814, le banquier Arson veut lui acheter son « secret de l'absolu » ; mais, reconnaissant l'intérêt de l'enseignement reçu, il refuse de payer la totalité de la somme promise. Wroński commet la maladresse de rendre l'affaire publique. La rupture avec Arson s'aggrave par l'intervention des martinistes, c'est-à-dire des théosophes gravitant autour du capitaine Jean-Jacques Bernard et de sa Société de la morale chrétienne, dont les Opuscules théosophiques (1822) tentent de concilier martinisme et swedenborgisme. S'étonnera-t-on d'une semblable hostilité ? Wroński est un mathématicien théosophe plus qu'un théosophe mystique, un spéculatif soucieux de découvrir des voies nouvelles plus qu'un ésotériste désireux d'approfondir les données d'une tradition. Son Messianisme (publié à partir de 1831) contient des jugements sévères à l'égard de Saint-Martin, de Fabre d'Olivet, de Goerres, de Friedrich Schlegel, des mesmériens et des sociétés secrètes qui, innocentes par elles-mêmes, ne servent pas moins de refuge aux ennemis du genre humain.

Le premier ouvrage de Wroński, Introduction à la philosophie des mathématiques (1811), était dédié à Alexandre Ier, de même que Le Sphinx (1818). Cette Introduction s'apparente [...]

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Écrit par :

  • : directeur d'études à l'École pratique des hautes études (Ve section), professeur à l'université de Bordeaux-III

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Antoine FAIVRE, « WROŃSKI HOËNÉ - (1776-1853) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 05 juin 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/hoene-wronski/