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CHARDONNET HILAIRE DE (1839-1924)

Fabrication industrielle

Machine à filer la soie artificielle de Hilaire de Chardonnet - crédits : Catalogue du musée, Section T, Industries textiles, teintures et apprêts, Conservatoire national des arts et métiers, 1942.

Machine à filer la soie artificielle de Hilaire de Chardonnet

La première machine à filer, mise au point à Gergy, est présentée à l’Exposition universelle de 1889 à Paris, où elle remporte un honorable succès d’estime et vaut à son auteur un grand prix. Chardonnet s’associe alors avec le fabricant de papier Jean-Baptiste Weibel (1849-1894) pour créer, dès 1890, la Société anonyme pour la fabrication de la soie de Chardonnet et construire une usine à Besançon destinée à produire une tonne de fil par jour à partir de 1892. Toutefois, cet objectif se révèle vite intenable, pour de multiples raisons : importante taxation de l’alcool, forte évaporation de l’éther et de l’alcool, concurrence étrangère, risques d’incendie… Chardonnet est écarté de la direction technique de l’usine et ce n’est qu’en 1898 que la société trouvera sa rentabilité financière, après de nombreuses adaptations et la réduction des taxes sur l’alcool.

La soie artificielle intéresse les soyeux lyonnais, confrontés aux problèmes de maladies des vers à soie et aux prix de vente élevés des tissus de soie naturelle. Même si les textiles artificiels sont alors loin d’égaler en fini, en résistance et en durabilité, la soie naturelle, ils apportent aux industriels lyonnais une planche de salut à la fin du xixe siècle.

Hilaire de Chardonnet meurt à Paris le 11 mars 1924, après avoir bénéficié, à la fin de sa vie, du soutien financier des industriels lyonnais des textiles artificiels. Il est inhumé à Francheville, à côté de Lyon.

La « rayonne », terme qui s’imposera dans les années 1920 pour désigner ces premiers fils artificiels, comme la soie Chardonnet ou la viscose dès 1906, sera ensuite concurrencée par des fils synthétiques plus solides et moins dangereux, tel le nylon après 1938.

— Bruno JACOMY

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Écrit par

  • : conservateur en chef honoraire du patrimoine

Classification

Pour citer cet article

Bruno JACOMY. CHARDONNET HILAIRE DE (1839-1924) [en ligne]. In Encyclopædia Universalis. Disponible sur : (consulté le )

Média

Machine à filer la soie artificielle de Hilaire de Chardonnet - crédits : Catalogue du musée, Section T, Industries textiles, teintures et apprêts, Conservatoire national des arts et métiers, 1942.

Machine à filer la soie artificielle de Hilaire de Chardonnet

Autres références

  • MATÉRIAUX

    • Écrit par François DAGOGNET
    • 6 626 mots
    ...La route vers les « matériaux synthétiques » est ponctuée d'imprévus et de détours. Nous ne pouvons pas ne pas évoquer ici la démarche insolite du comte de Chardonnet qui le conduit vers « la soie artificielle » à la suite de fausses évaluations. Les élevages de « vers à soie » sont décimés par la...
  • PLASTIQUES

    • Écrit par Pierre LASZLO
    • 4 109 mots
    Hilaire de Chardonnet (1839-1924) inventa la viscose en 1884, par réaction du sulfure de carbone sur de la cellulose, préalablement traitée par de la soude. Le procédé, breveté par des Anglais en 1892, fut industrialisé au début des années 1920 pour produire des fibres textiles de ce nom.
  • TEXTILE

    • Écrit par Eugène AMOUROUX, Jean-Yves DRÉAN, Claude FAUQUE, André PARISOT, Marc RENNER, Richard A. SCHUTZ
    • 23 437 mots
    • 3 médias
    ...de la satisfaire. D'autant plus que la soie connaît depuis 1845 un désastre provoqué par la pébrine, cette maladie du ver à soie. Dans ce contexte, le comte Hilaire de Chardonnet (1839-1924) va consacrer sa vie de scientifique à la mise au point de la soie artificielle. Il présente à l'Académie des sciences...

Voir aussi