HEIKE MONOGATARI

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Des grandes « chroniques guerrières » (gunki) du Moyen Âge japonais, le Heike monogatari, la « Geste du clan Hei » (ou Taira), est la première en date et la plus importante. Chant épique déclamé aux carrefours ou dans les châteaux par des « moines » aveugles, il contribua puissamment à la formation d'une culture populaire commune ; au théâtre, il fournit ses techniques musicales et vocales ainsi que ses thèmes favoris ; les prosateurs y puisèrent des modes d'expression nouveaux, une langue plus riche, un style plus proche de la vie. De nos jours, enfin, il reste une mine inépuisable de sujets historiques pour le cinéma.

Genèse et développement

Divers noms ont été avancés pour le ou les auteurs présumés du Heike. Mais ce sont autant d'affirmations gratuites qu'aucune preuve sérieuse n'étaie. L'étude de la tradition manuscrite montre du reste que, malgré la cohérence indéniable du dessein général, nombreux ont dû être ceux qui ont apporté leur pierre à l'édifice.

Cent vingt-six manuscrits connus (chiffre provisoire, car l'on en découvre sans cesse), qui peuvent être classés en vingt-deux familles, permettent de reconstituer la genèse et de suivre le développement de ce chef-d'œuvre de la littérature épique.

Si la « vulgate » (rufu-bon) en effet, représentée par quatre-vingt-quatorze manuscrits, et qui connut au xviie siècle les honneurs de l'impression, est en douze livres, d'autres versions en donnent un état antérieur en six livres, ou postérieur en vingt ou quarante-huit livres. Ce dernier état comporte des additions d'une telle ampleur qu'on a pu longtemps le tenir pour une relation entièrement distincte et plus détaillée des mêmes événements, à laquelle on avait donné le titre de Genpei seisuiki, « Chronique de la grandeur et de la décadence des Minamoto et des Taira ». Une étude comparée montre en fait que le Seisuiki n'est qu'un délayage du Heike, tellement encombré de digressions que toute trace de son unité primitive est effacée.

L'existence d'une division primitive en six livres est d'autant plus instructive qu'elle appa [...]

1 2 3 4 5

pour nos abonnés,
l’article se compose de 3 pages




Écrit par :

  • : professeur à l'Institut national des langues et civilisations orientales

Classification


Autres références

«  HEIKE MONOGATARI  » est également traité dans :

HEIKE MONOGATARI (anonyme) - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Florence BRAUNSTEIN
  •  • 847 mots

Le Heike Monogatari appartient au genre des chroniques guerrières, les gunki, tout comme le Hôgen Monogatari, « Récit (des troubles) de l'ère Hôgen » et le Heiji Monogatari, « Récit (des troubles) de l'ère Heiji ». Cependant le Heike Monogatari est de loin le plus célèbre, cette « Geste des Taira » […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/heike-monogatari-anonyme/#i_23178

ÉPOPÉE

  • Écrit par 
  • Emmanuèle BAUMGARTNER, 
  • Maria COUROUCLI, 
  • Jocelyne FERNANDEZ, 
  • Pierre-Sylvain FILLIOZAT, 
  • Altan GOKALP, 
  • Roberte Nicole HAMAYON, 
  • François MACÉ, 
  • Nicole REVEL, 
  • Christiane SEYDOU
  •  • 11 798 mots
  •  • 6 médias

Dans le chapitre « Le « Heike monogatari » »  : […] Le japonais classique ne connaît pas de terme spécifique pour désigner un genre qu'il a pourtant cultivé. La langue moderne utilise le mot jojishi , vocable forgé pour traduire le terme occidental de poème épique. Les titres des ouvrages que les manuels de littérature classent comme « épopée », ou « récits de guerre », gunki monogatari […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/epopee/#i_23178

Voir aussi

Pour citer l’article

René SIEFFERT, « HEIKE MONOGATARI », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 28 juin 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/heike-monogatari/