RÉTORÉ GUY (1924-2018)

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Né le 7 avril 1924, dans le quartier de Ménilmontant, à Paris, Guy Rétoré est resté attaché, tout au long de son parcours, au XXe arrondissement. À la Libération, après avoir intégré l’Équipe, compagnie théâtrale de la SNCF, il fonde en 1951 une troupe dramatique, la Guilde, avec laquelle il remporte le premier prix au Concours des jeunes compagnies, en 1957. Il crée l’année suivante le Théâtre de Ménilmontant. En 1964, il est nommé à la direction du Théâtre de l'Est parisien (TEP). Cet ancien cinéma, situé rue Malte-Brun, obtient le statut de théâtre national en 1971. Après que le théâtre a déménagé en 1983, Guy Rétoré reste à sa tête jusqu'en 2001 – non sans affronter certaines dissensions, notamment lorsque sera évoquée la nomination de son successeur. Après son départ, le TEP est devenu un lieu consacré au jeune public et aux écritures contemporaines.

Dans la lignée de Jean Vilar, Guy Rétoré s'attache à la clarté et à la cohérence du spectacle. Shakespeare, Musset, Goldoni, Gogol, Brecht, Arden sont au répertoire. La troupe du TEP cultive les liaisons avec les associations culturelles et syndicales des arrondissements et des communes de banlieue de l'Est parisien ; les activités d'une maison de la culture (cinéma, musique, conférences-débats, chansons) doublent celles du centre de création dramatique. Une des préoccupations constantes du TEP est de faire venir au théâtre des spectateurs nouveaux. Guy Rétoré a de fait réussi à attirer un public véritablement populaire. En 1965, il fait connaître une œuvre originale de Peter Hacks, La Bataille de Lobositz, dans la postérité généreuse de Brecht ; il tentera d'effectuer un travail dramatique en liaison avec la population de Ménilmontant, mais la pièce qu'Armand Gatti en tirera en 1968, Les Treize Soleils de la rue Saint-Blaise, ne répondra qu'imparfaitement à cette attente. Sa mise en scène de Macbeth (1965), qui s'appuyait sur un dispositif scénique très réussi d'André Acquar, reste une de ses plus belles réussites. Le travail de Guy Rétoré est reconnu par le public et par la critique comme un essai original de décentralisation théâtrale à l'intérieur même de Paris. Son objectif est de rapprocher la création théâtrale et le public de son théâtre en mettant celui-ci en situation de comprendre et d'influencer celle-là. Le Chantier (1982) de Charles Tordjman, Clair d'usine (1980) de Daniel Besnehard, Entre passions et prairies (1987) de Denise Bonal témoignent de cette volonté. Parallèlement, Rétoré se fait le messager de Brecht. L'Opéra de quat'sous (1969), Sainte Jeanne des abattoirs (1972), prix du Syndicat de la critique dramatique et prix Dominique de la mise en scène, Maître Puntila et son valet Matti (1978), La Résistible Ascension d'Arturo Ui (1988) jalonnent comme autant de succès son travail de metteur en scène. Il crée également le Prométhée (1982) d'Heiner Müller, contribue à la redécouverte de Shaw et de O'Casey et à leur diffusion auprès d'un public populaire au plus pur sens du terme.

Guy Rétoré

Guy Rétoré

photographie

Dans la lignée de Jean Vilar, Guy Rétoré s'est attaché à la création d'un théâtre populaire. À la tête du Théâtre de l'Est parisien, il va monter Shakespeare, Brecht, mais aussi de jeunes auteurs comme Daniel Besnehard. Ici, Guy Rétoré lors des répétitions de Coquin de coq, de Sean... 

Crédits : Alain Voloch/ Gamma-Rapho/ Getty Images

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Guy Rétoré meurt en Sologne le 15 décembre 2018.

—  Armel MARIN, Universalis

Écrit par :

  • : metteur en scène, conseiller en éducation populaire et techniques d'expression

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Pour citer l’article

Armel MARIN, « RÉTORÉ GUY - (1924-2018) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 14 juin 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/guy-retore/