GRAVITATION ET ASTROPHYSIQUE

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Max Born

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Lord Kelvin

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Julius Robert Oppenheimer

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Théorie newtonienne de la gravitation et cosmologie

Il est remarquable qu'en dépit des nombreux efforts pour obtenir une preuve expérimentale en faveur de modèles théoriques beaucoup plus compliqués, on puisse toujours donner une représentation satisfaisante de ce que nous savons des propriétés de l'Univers à l'aide d'un modèle cosmologique de la plus grande simplicité concevable, à savoir celui d'une explosion isotrope et homogène. Autrement dit, l'Univers peut être représenté par un modèle obéissant au principe cosmologique selon lequel toutes les positions et toutes les directions sont équivalentes dans l'espace, mais dans lequel la densité diminue avec le temps, au fur et à mesure que les particules de matière s'éloignent les unes des autres. Il est tout aussi remarquable que l'existence de tels modèles ait été dédaignée non seulement par Newton et ses disciples, mais même par Einstein, en dépit de leur simplicité et de leur compatibilité avec la théorie newtonienne de la gravitation, aussi bien qu'avec celle de la relativité générale. La raison semble en être la suivante : une fois entérinée par Galilée, la révolution copernicienne, en rejetant la notion d'Univers centré sur notre propre planète, avait ouvert la voie à l'idée d'un Univers homogène dans lequel toutes les positions sont équivalentes sur une échelle suffisamment grande ; or un prolongement naturel de cette découverte conduit à penser que l'Univers devrait également être stationnaire dans le temps, c'est-à-dire que, en accord avec ce que Hermann Bondi et Thomas Gold ont appelé le principe cosmologique parfait (1948), toutes les époques devraient être équivalentes, au même titre que les positions et les directions. La tentation récurrente d'adopter un modèle stationnaire, en dépit de la quantité croissante de preuves défavorables fournies par l'observation, n'est pas due simplement à l'attraction esthétique de la symétrie mathématique. Il semblerait que, pour beaucoup de théoriciens, une raison plus profonde réside dans la fascination exercée par l'idée que l [...]

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Écrit par :

  • : membre de la Royal Society de Londres, maître de recherche au C.N.R.S., responsable de l'astrophysique relativiste à l'Observatoire de Paris

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Pour citer l’article

Brandon CARTER, « GRAVITATION ET ASTROPHYSIQUE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 14 juillet 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/gravitation-et-astrophysique/