MAINI GIOVANNI BATTISTA (1690-1752)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Lombard d'origine, le sculpteur Giovanni Battista Maini vint faire sa carrière à Rome après une première formation reçue à Milan. Travaillant un moment avec son compatriote Camillo Rusconi, qui passait dans le premier tiers du xviiie siècle pour le plus grand sculpteur de Rome, il se vit attribuer une part dans les entreprises majeures de l'époque. C'est ainsi qu'on lui doit l'une des grandes statues de Saint-Pierre (Saint Philippe Néri), l'un des reliefs de l'entrée de Sainte-Marie-Majeure, et surtout un important ensemble de travaux pour Saint-Jean-de-Latran, qui est certainement son chef-d'œuvre.

La chapelle Corsini de cette dernière église, élevée en 1732-1735 par Alessandro Galilei, est un véritable musée de la sculpture romaine dans le premier tiers du xviiie siècle, et Maini y occupe une place importante, avec les tombeaux du cardinal Neri Corsini et du pape Clément XII. Pour représenter le pape assis, Maini s'est inspiré de très près du tombeau que Bernin avait dressé à Urbain VIII, à Saint-Pierre. Toutefois, l'expression est assagie, les drapés retombent avec plus de grâce et moins de véhémence. L'autre tombeau est plus intéressant encore ; le cardinal se tient debout, ayant à sa droite une figure de la Religion qui le contemple et à sa gauche un putto en pleurs. Insérée dans une niche, la composition se définit comme une pyramide, mais, comme la Religion est placée plus bas que le putto, une sorte de zigzag vient déranger ce que cette ordonnance aurait de trop sévère. Nulle gesticulation, mais une espèce de simplicité aimable. On voit ici Maini prendre sa place parmi les artistes qui, dans l'ère baroque finissante, perpétuent la tradition de classicisme tempéré à laquelle Carlo Maratta a redonné vigueur.

—  Georges BRUNEL

Écrit par :

  • : ancien élève de l'École normale supérieure, agrégé de lettres, conservateur des objets d'art des églises de la Ville de Paris

Classification

Autres références

«  MAINI GIOVANNI BATTISTA (1690-1752)  » est également traité dans :

CONSERVATION DES ŒUVRES D'ART

  • Écrit par 
  • Germain BAZIN, 
  • Vincent POMARÈDE
  •  • 6 754 mots
  •  • 4 médias

Dans le chapitre « La restauration des antiques »  : […] En Italie, cependant, et cela dès le xiv e  siècle, il arrive qu'on prenne des mesures de restauration de statues antiques. C'est le cas du fameux Regisole de Pavie (ainsi appelé parce que cette statue équestre d'un empereur était dorée) qui fut réparé en 1315, à la suite des dégâts subis lors de son transfert à Milan par Visconti ; à cette occasion, on le pourvut d'attributs chevaleresques. À la […] Lire la suite

Pour citer l’article

Georges BRUNEL, « MAINI GIOVANNI BATTISTA - (1690-1752) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 02 juin 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/giovanni-battista-maini/