PIE VI, GIANNANGELO BRASCHI (1717-1799) pape (1775-1799)

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D'une noble famille de Cesena, Giovanni Angelico (Giannangelo) Braschi fut élevé par les Jésuites. Juriste, il devint secrétaire du cardinal Raffo en 1740, puis secrétaire papal et chanoine de Saint-Pierre en 1755 ; il ne fut ordonné prêtre qu'en 1758. Nommé trésorier de l'Église romaine par Clément XIII (1766) et cardinal par Clément XIV (1773), il est élu pape en 1775.

Se laissant d'abord absorber par les affaires romaines locales et par la réorganisation des finances de l'État pontifical, il doit bientôt faire face à des mouvements ou événements mettant gravement en cause le statut même de l'Église catholique. En Autriche, le fébronianisme se traduit par les réformes ecclésiastiques de Joseph II, qui sécularise de nombreux monastères et interdit aux évêques de recourir à Rome pour demander des dispenses canoniques. Pie VI fait en vain le voyage de Vienne en 1782 ; les doctrines fébroniennes sont mises en application en Toscane par le grand-duc Léopold, frère de Joseph II, et inspirent les décisions du synode de Pistoie qu'anime l'évêque Scipion de′ Ricci (1786).

Tandis qu'il cède en Russie à la pression de Catherine II et rétablit la Compagnie de Jésus (1783-1784), le pape Pie VI a bientôt affaire, en France, à la Constitution civile du clergé (1790), sanctionnée par Louis XVI en 1791 : poussé à l'intransigeance par les évêques français émigrés, et surtout par le cardinal de Bernis, Pie VI la condamne comme schismatique et hérétique, et frappe de suspense les évêques et prêtres qui prêteraient le serment civil qu'elle leur impose. Aux yeux de ses conseillers et aux siens propres, la Révolution française constitue une telle monstruosité contre nature qu'elle ne saurait durer bien longtemps et ne mérite, par conséquent, aucune concession.

Après l'annexion par la France (1791) des territoires pontificaux d'Avignon et du comtat Venaissin, les relations avec la France se détériorent davantage encore à la suite de l'occupation des États de l'Église par Napoléon, que consacre en partie le traité de Tolentino (1797). La révolution est fomentée à Rome en 1797 par le général Duphot ; le général Berthier occupe la ville l'année suivante et y proclame la république. Fait prisonnier, Pie VI, en dépit de son grand âge et de sa maladie, est emmené à Bologne (1799), puis à Briançon, à Grenoble et finalement à Valence, où il meurt.

—  André DUVAL

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André DUVAL, « PIE VI, GIANNANGELO BRASCHI (1717-1799) - pape (1775-1799) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 15 juin 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/giannangelo-pie-vi/