GEDIMINAS (1275 env.-1341) grand-duc de Lituanie

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Grand-duc de Lituanie (1316-1341) né vers 1275, mort en décembre 1341 au cours d'une bataille sous Veliuona.

Fils du grand-duc Pukuveras, Gediminas (Gedymin en polonais) succède à son frère, le grand-duc Vytenis (Witen en polonais), lorsque celui-ci meurt en 1316. Il inaugure ainsi la dynastie des Gedimines, à laquelle appartient son petit-fils Jogaila (Jagellon, 1351-1434, fils d'Algirdas), futur Ladislas II de Pologne. Plus puissant souverain d'Europe orientale, Gediminas règne sur un territoire qui, outre la Lituanie proprement dite et la Samogitie, s'étend à la Volhynie (région du nord-ouest de l'Ukraine) et à la Biélorussie, jusqu'au Dniepr. Il lui faut déployer bien des talents afin de neutraliser la menace représentée par les chevaliers Teutoniques et Porte-Glaive (livoniens), tout en ménageant un équilibre fragile entre ses sujets lituaniens et samogites adeptes du paganisme, ses sujets russes de confession orthodoxe et ses alliés occasionnels de religion catholique en Pologne et à Riga. D'où les immanquables hésitations et ambiguïtés qui caractérisent sa politique.

En 1322 et 1323, dans une série de lettres adressées aux dominicains et franciscains de Saxe, ainsi qu'à plusieurs villes confédérées au sein de la Hanse, il invite moines, marchands et artisans à venir s'installer en Lituanie moyennant protection et privilèges. Par ailleurs, il engage des négociations directes avec le Saint-Siège, à l'occasion desquelles il sollicite l'assistance du pape Jean XXII contre les chevaliers, arguant que l'idolâtrie persistante de la Lituanie tient davantage à la nécessité de défendre le royaume contre ces derniers, plutôt qu'à une quelconque hostilité à l'endroit de l'Église. En octobre 1323, divers représentants ecclésiastiques ainsi que le grand maître de l'ordre des chevaliers Teutoniques réunis à Vilnius, dont Gediminas vient de faire sa capitale, signent un pacte qui scelle des relations pacifiques entre les partenaires.

Cependant, les chevaliers Teutoniques font tout pour réduire à néant les acquis de Gediminas et refusent de se conformer au traité. Gediminas réagit en s'associant avec l'archevêque et les habitants de Riga, obtient de ses autres voisins des engagements de paix et consolide encore sa position en formant alliance avec la Pologne catholique, via notamment le mariage, en 1325, de sa fille Aldona (1309 ou 1310-1339) au futur Casimir III de Pologne, fils de Ladislas Ier. Sur ce, les Teutoniques reprennent la guerre contre Gediminas. Le souverain consacrera le restant de son règne à préserver son royaume contre les chevaliers, dont la puissance ressort fortifiée des croisades qu'ils entreprennent dans les régions occidentales quand l'intention de Gediminas de renier sa promesse de conversion ne fait plus de doute.

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LITUANIE

  • Écrit par 
  • Céline BAYOU, 
  • Suzanne CHAMPONNOIS, 
  • D.A. SEALEY
  •  • 8 113 mots
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Dans le chapitre « Gediminas chef de guerre et diplomate »  : […] Convaincu que le sort de son pays dépendait de son ralliement à l'Europe chrétienne et afin d'enlever aux Teutoniques tout prétexte d'attaquer son territoire, le grand-duc Gediminas (vers 1275/1316-1341) décida lui aussi de se convertir et de le faire savoir. Il transféra sa capitale de Trakaï à Vilnius d'où il essaya d'établir des relations avec la papauté et avec les souverains européens. Il me […] Lire la suite

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« GEDIMINAS (1275 env.-1341) grand-duc de Lituanie », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 02 octobre 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/gediminas/