JAHN FRIEDRICH LUDWIG (1778-1852)

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Père de la gymnastique allemande, Friedrich Ludwig Jahn fonda le mouvement du Turnverein (clubs de gymnastique). Ce fervent patriote considérait que l'éducation physique, pilier de la santé et de la force de la nation, était essentielle pour endurcir le caractère et développer l'identité nationale.

Né le 11 août 1778 à Lanz, ville du Brandebourg, en Prusse, Friedrich Ludwig Jahn étudie la théologie, l'histoire et la philologie de 1796 à 1802 dans les universités de Halle, Francfort-sur-l'Oder, Göttingen et Greifswald. Il passe ensuite quelques années à enseigner, à voyager et à prendre des cours à Iéna et à Göttingen. En 1809, il s'installe à Berlin, où il enseigne dans plusieurs établissements secondaires. C'est là qu'il met pour la première fois en place un programme d'exercices physiques en plein air pour ses élèves. Il invente à cet effet les barres parallèles, les anneaux, la poutre, le cheval-d'arçons et la barre fixe, autant d'agrès qui deviendront l'équipement élémentaire d'une salle de gymnastique. Jahn fait de nombreux adeptes chez les jeunes comme chez les adultes et, en 1811, il ouvre le premier Turnplatz (terrain de gymnastique).

Deux ans plus tard, il rejoint le corps franc prussien de Lützow, association d'étudiants volontaires dont il commande le troisième bataillon jusqu'à la chute de Napoléon en 1815. Il rentre ensuite à Berlin, où il devient professeur d'État. Il rédige, avec le pédagogue Ernst Eiselen, l'ouvrage Deutsche Turnkunst zur Einrichtung der Turnplätze (« Traité de gymnastique »), publié en 1816. Dans le climat politique réactionnaire de l'année 1819, marqué par l'assassinat du poète August von Kotzebue par l'étudiant et gymnaste Karl Ludwig Sand, Jahn devient suspect en raison des idées nationalistes qu'il affiche et de la forte influence qu'il exerce sur la jeunesse ; le gouvernement le fait arrêter, ferme son club de gymnastique et l'emprisonne pendant près d'un an. À sa libération, Jahn devra demeurer dans l'enceinte de la ville de Kohlberg jusqu'en 1825, avant de recouvrer une liberté quasi complète. Il lui est cependant interdit de résider dans une ville dotée d'une université ou d'un établissement secondaire. Jahn s'installe donc à Freyburg an der Unstrut, où il passe le reste de sa vie. En 1840, il reçoit la croix de fer pour ses actes de bravoure militaire. Deux ans plus tard, l'interdit national (Turnsperre) qui pesait sur la gymnastique depuis 1819 est levé. Jahn siège au Parlement en 1848-1849. Il meurt le 15 octobre 1852 à Freyburg.

S'inspirant de ses recherches sur la langue et la culture allemandes, Jahn a publié une défense vigoureuse du nationalisme culturel : Von deutschen Volkstum (1810, Recherches sur la nationalité, l'esprit des peuples allemands et les institutions qui seraient en harmonie avec leurs mœurs et leur caractère).

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  • Robert PARIENTÉ
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Dans le chapitre «  La révolution sportive du XIXe siècle »  : […] Ainsi ce fut de la Révolution et de l'Empire – et par réaction contre eux – que le sport naquit en Allemagne. En 1793, Guts Muths écrivit le premier traité de gymnastique à l'intention des jeunes gens ; en 1811, Friedrich Ludwig Jahn fonda le « Turnplatz » (club de gymnastique) sous le signe du patriotisme teutonique. L'insigne de cette société porta bientôt quatre chiffres mystérieux : 9, 919, 1 […] Lire la suite

Pour citer l’article

« JAHN FRIEDRICH LUDWIG - (1778-1852) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 06 février 2023. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/friedrich-ludwig-jahn/