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FRÉDÉRIC III (1609-1670) roi de Danemark et de Norvège (1648-1670)

Second fils de Christian IV et d'Anne Catherine de Brandebourg, Frédéric est, encore enfant, coadjuteur de Brême, de Verden et de Halberstadt, mais perd ses possessions d'abord en 1629, puis définitivement en 1645. Époux de Sophie-Amélie de Brunswick-Lunebourg (1643), le futur Frédéric III se querelle avec le maréchal comte Bille pendant la campagne du Slesvig-Holstein contre la Suède (1643-1645) et s'aliène la noblesse danoise. Son frère Christian meurt en 1647 et la succession au trône lui est ouverte, mais lorsque disparaît Christian IV (28 févr. 1648) la question n'est pas réglée.

Il est reconnu roi le 6 juillet après avoir dû concéder une charte réduisant la prérogative royale au profit du Conseil et de l'aristocratie. Modéré, cultivé, mécène, il n'a pas l'allant, la jovialité de son père. Il subit d'abord l'influence des gendres de Christian IV, Ulfeldt et Sehested ; une fois ceux-ci éliminés grâce à l'aide du Conseil, il entreprend, en accord avec le parti allemand de la cour, la lutte contre la Suède de Charles X Gustave engagé en Pologne. Avec l'appui financier de la Diète et du Rigsraad, il attaque les provinces germaniques suédoises (23 avr. 1657). Par la Poméranie, Charles X porte son armée de Pologne devant Copenhague ; Frédéric III est alors contraint de signer la paix de Roskilde et d'abandonner à la Suède la Scanie et l'île de Bornholm (1658). Les Suédois, reprenant les hostilités, débarquent dans le Själland, assiègent Copenhague ravitaillée par une escadre hollandaise (1658-1659). La paix de Copenhague (mai 1660) marque la perte définitive de la Scanie, du Bleking, du Halland et Bohus, ne restituant au Danemark que Trondheim et Bornholm.

La noblesse discréditée est affaiblie, démographiquement et financièrement ; le roi s'appuie alors sur la bourgeoisie et le clergé de Copenhague et procède à la révolution d'octobre 1660, établissant la royauté héréditaire (et non plus élective), soumettant la noblesse aux impôts indirects. Le monarque fixe seul la constitution du royaume (10 janv. 1661), réorganise l'administration centralisée au Grand Collège royal, réunissant les six collèges ministériels composés de nobles et de bourgeois, et le Conseil d'État privé, formé des présidents de ces collèges.

Cependant, sur les paysans absents de la Diète pèsent des charges de plus en plus lourdes alors que les prix ont baissé, tandis que la Couronne vend des domaines aux nouveaux nobles et aux bourgeois. Le roi accepte les subsides de France (1663). la loi royale de 1665, œuvre de Schumacher, confirme les dispositions adoptées en octobre 1660, mais elle est gardée secrète. L'absolutisme est étendu à la Norvège et à ses dépendances d'Islande et des Féroé.

— Jean Maurice BIZIÈRE

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Écrit par

  • : agrégé d'histoire, docteur ès lettres, professeur d'histoire moderne à l'université Pierre-Mendès-France, Grenoble

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Autres références

  • DANEMARK

    • Écrit par Marc AUCHET, Frederik Julius BILLESKOV-JANSEN, Jean Maurice BIZIÈRE, Régis BOYER, Georges CHABOT, Universalis, Lucien MUSSET, Claude NORDMANN
    • 19 519 mots
    • 14 médias
    Aussi, à sa mort, l'aristocratie força-t-elle le nouveau roi Frédéric III (1648-1670) à signer une charte limitant les pouvoirs royaux et consolidant les privilèges nobiliaires. Cependant, la baisse des prix entraînait un déclin économique et l'endettement de gentilshommes à l'égard des marchands, incapables...

Voir aussi