SÁ CARNEIRO FRANCISCO (1934-1980)

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Homme politique portugais, Premier ministre de janvier 1980 à sa mort, en décembre de la même année.

le 19 juillet 1924 à Porto, Francisco Manuel Lumbrales de Sá Carneiro appartenait par sa mère à la grande bourgeoisie traditionnelle de sa ville natale. Mais son père, avocat, était originaire de la paysannerie et avait été obligé de travailler durement pour terminer ses études supérieures. Comme tant d'autres politiciens portugais, Sá Carneiro associait des traditions familiales fort différentes. Élevé dans un cadre tout à fait académique, il fut, comme beaucoup de jeunes de sa génération, atteint par le changement intervenu dans la vie politique portugaise après les élections de 1958 pour la présidence de la République. Cela l'amena à participer à quelques opérations critiques au sein du régime dictatorial. Son entrée dans la vie politique officielle date de 1969 où, élu député à l'Assemblée nationale, il essaya, avec quelques amis, de secouer le langage officiel. Dans un communiqué publié immédiatement après son élection, Sá Carneiro affirmait sa totale indépendance à l'égard du gouvernement de Marcelo Caetano, soulignant en même temps qu'il se battait, surtout, pour la mise en pratique des « libertés publiques et des droits de l'homme » ainsi que pour « l'instauration de la démocratie au Portugal », document singulier, mais ne dépassant pas le stade des bonnes intentions. Il fut cependant suivi par l'organisation de l'aile dite libérale, qui se distingua surtout lors de la discussion de la révision de la Constitution de 1933. Le projet Sá Carneiro ébranla sérieusement les fondements de l'Assemblée nationale, de même que la proposition d'une enquête sur l'action de la police politique. Un projet de loi proposant l'abolition de la censure sur la presse couronnait ces trois années d'activité parlementaire. Sá Carneiro a été toutefois amené à démissionner devant l'impossibilité d'exercer son mandat de député dans des conditions normales. Soucieux de communiquer son expérience politique, il essaya de collaborer régulièrement à l'hebdomadaire libéral Expresso, mais il fut forcé d'y renoncer, en raison de l'impossibilité de se dérober aux foudres de la censure.

Le retour à la politique officielle a lieu immédiatement après la révolution des Œillets. Dès le 5 mai 1974, Sá Carneiro fonde le Parti populaire démocrate (P.P.D.), qui doit rassembler les forces libérales et centristes. Quelques jours plus tard, il est nommé ministre adjoint au Premier ministre, le professeur Palma Carlos. Le projet de Sá Carneiro est déjà d'enrayer l'hégémonie, plus apparente que réelle, des militaires « marxistes », voire « communistes ». Mais il est encore trop tôt pour une opération de cette envergure, et Sá Carneiro doit renforcer son parti, dont il devient le secrétaire général en novembre 1974. Très ébranlé physiquement – on affirmait ouvertement qu'il s'était fait soigner à Londres, entre février et septembre 1975, d'un cancer à l'estomac – Sá Carneiro ne renonce pas à son activité politique et provoque le changement de sigle de son parti : le P.P.D. devient ainsi le P.S.-D., Parti social-démocrate, avec la prétention de se faire reconnaître comme le représentant portugais des options social-démocrates ; souci bien inutile, la place étant solidement acquise au Parti socialiste, grâce aux amitiés internationales de Mário Soares. Ayant renoncé à la direction du parti en novembre 1977, il revient en force pour lancer des attaques très graves contre le président de la République, le général Ramalho Eanes, dont les penchants présidentialistes font craindre l'instauration d'un régime à la péruvienne. Pour Sá Carneiro, l'opération de régénération nationale ne peut se terminer sans passer par la liquidation de l'hégémonie du Parti socialiste, vestige d'une domination militaire et communiste dont les sociaux-démocrates de Sá Carneiro ne veulent plus.

L'étape politique fondamentale consiste dans la création de l'Alliance démocratique (A.D.), front électoral rassemblant tous les groupes et groupuscules du centre droite, opposés à la fois au président de la République et aux forces et partis de gauche, tout particulièrement au P.S. et au P.C. Ce front trouve un écho certain parmi une population fatiguée des erreurs de gestion des socialistes, ce qui lui permet de gagner les élections intercalaires de décembre 1979. Victo [...]

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BARROSO JOSÉ MANUEL DURÃO (1956- )

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  • Yves LÉONARD
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Pour citer l’article

Alfredo MARGARIDO, « SÁ CARNEIRO FRANCISCO - (1934-1980) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 11 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/francisco-sa-carneiro/