SOARES MÁRIO (1924-2017)

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Homme politique portugais, président de la République de 1986 à 1996.

Mário Soares, 1974

Photographie : Mário Soares, 1974

Le leader du Parti socialiste portugais Mário Soares, lors d'un meeting à Lisbonne le 1er mai 1974, quelques jours après son retour d'exil. Il sera nommé Premier ministre à l'issue des élections législatives de 1976, puis élu président de la République en 1986. 

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Né en 1924 à Lisbonne, Mário Soares, après avoir fait des études d'histoire et de philosophie, s'est orienté vers le droit, pour s'inscrire au barreau de Lisbonne, où il a défendu un nombre important d'opposants au régime dictatorial de Salazar. Son engagement politique débute assez tôt, dans une famille d'opposants traditionnels, son père ayant joué un rôle important dans la vie politique de la Ire République (1910-1926) et détenu le portefeuille du ministère des Colonies en 1919.

Après un court passage au Parti communiste portugais, Mário Soares participe à un grand nombre de manifestations et d'opérations de l'opposition démocratique. Il est, en 1946, un des fondateurs du MDU-Juvenil (Mouvement de l'unité démocratique de la jeunesse), et, en tant que représentant de la jeunesse, il entre en 1946 à la Commission centrale du MDU, où il reste jusqu'en 1948. L'année suivante, il participe à la Commission centrale de candidature du général Norton de Matos à la présidence de la République, comme il le fera en 1958, lors de la candidature du général Humberto Delgado.

Entre-temps, il fait partie du directoire de l'Action démocratique-sociale et a été, en 1961, un des rédacteurs du Programme pour la démocratisation de la République, ce qui a provoqué son arrestation le 11 mai. En 1965, il est candidat aux élections à l'Assemblée nationale, dans le district de Lisbonne. Arrêté à nouveau le 13 décembre 1967, il n'est libéré qu'en mars 1968, date à laquelle le gouvernement de Salazar l'envoie en déportation dans l'île de São Tomé. Il peut retourner au Portugal en novembre, lorsque Salazar, malade, est remplacé à la présidence du conseil par Marcelo Caetano.

En avril 1970, Mário Soares est amené à prendre le dur chemin de l'exil et participe dès lors à toutes les actions de l'Action socialiste portugaise (ASP), devenue, en 1974, le Parti socialiste portugais. Il s'efforce pendant sa période d'exil de structurer tant le parti que la campagne internationale contre la dictature. Il est surpris à l'étranger par l'annonce de la « révolution des œillets » du 25 avril 1974 et rentre au Portugal le 28 avril.

La « révolution des œillets »

Photographie : La « révolution des œillets »

Mettant fin à plus de quarante ans de dictature, la « révolution des œillets », menée par les généraux António de Spínola (à gauche) et Costa Gomes (à droite) le 25 avril 1974, permet au Portugal de prendre sa place parmi les démocraties européennes. 

Crédits : Hulton Archive/ Getty Images

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Il est ensuite intimement lié aux grandes options publiques portugaises. Ministre des Affaires étrangères dans le premier gouvernement provisoire, il assurera le triomphe du Parti socialiste lors des deux consultations électorales de 1975 et 1976, tout en menant une campagne destinée à isoler, voire à réduire l'impact du Parti communiste. Son anticommunisme farouche lui sert de viatique politique dans un pays encore trop marqué par la propagande de l'ancien régime.

Il est évident que Mário Soares a pu compter sur l'adhésion des masses à son orientation politique, franchement social-démocrate. Après le contre-putsch du 25 novembre 1975, la vie politique portugaise permet une intervention plus marquée du PS, brisée seulement par la dissolution de l'Assemblée nationale par le président de la République, en juillet 1979. Mais, déjà, Mário Soares essaie de restructurer son parti, pour le préparer aux élections, et en particulier aux élections générales, qui pourront lui donner de nouveau la responsabilité de gérer le pays auquel il est viscéralement identifié.

À l'issue des élections de 1983, marquées par la remontée des socialistes après quatre ans de gouvernement à droite, Mário Soares redevient Premier ministre, à la tête d'une coalition PS-PSD (Parti social-démocrate), réalisant, neuf ans après la révolution des œillets, l'alternance démocratique au Portugal.

En octobre 1985, Mário Soares démissionne après la défaite du PS aux élections législatives anticipées qui ont suivi la dissolution du Parlement (en juillet) provoquée par une rupture de la coalition gouvernementale. Candidat à l'élection présidentielle de janvier-février 1986, il est élu au second tour et maintient en fonction le Premier ministre social-démocrate Anibal Cavaco Silva avec lequel il vit une cohabitation relativement harmonieuse jusqu'à la fin de son mandat, bien que Cavaco Silva soit devenu son principal adversaire politique. En janvier 1991, le Premier ministre ayant renoncé à présenter un candidat contre lui, Mário Soares est réélu à la présidence dès le premier tour avec un score (70 p. 100 des voix) qui reflète sa popularité. Il se voulait, dès son entrée au palais de [...]

Mário Soares, 1986

Photographie : Mário Soares, 1986

Le candidat du Parti socialiste portugais en campagne pour l'élection présidentielle de 1986. Bien que devancé largement par la droite au premier tour, Mário Soares est élu à la présidence le 16 février 1986 grâce au ralliement de toute la gauche sur son nom. 

Crédits : Raphael Gaillarde/ Gamma-Rapho/ Getty Images

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Pour citer l’article

Alfredo MARGARIDO, « SOARES MÁRIO - (1924-2017) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 novembre 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/mario-soares/