GEMINIANI FRANCESCO SAVERIO (1687-1762)

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Élève de Corelli pour le violon, à Rome, Geminiani est aussi l'élève d'Alessandro Scarlatti, à Naples, pour la composition. S'il est l'un des plus brillants représentants de l'école issue de Corelli, son tempérament le portait à l'opposé de son maître : la vivacité et la stravaganza de son jeu comme de son tempérament lui causèrent des difficultés tout au long de sa vie. À Naples, d'abord : directeur de l'Opéra, « il furibondo Geminiani », comme l'appelait Tartini, était incapable de diriger, aucun musicien ne pouvant le suivre dans son tempo rubato et dans ses changements de mouvement imprévisibles. Il quitte l'Italie en 1714 et s'installe à Londres, où très vite sa renommée de virtuose s'étend. Invité à jouer à la Cour, il exige d'être accompagné au clavecin par Haendel alors en disgrâce, et le fait ainsi rentrer dans la faveur royale. A partir de 1733, il s'installe à Dublin. Il passe à nouveau quelques années à Londres, puis à Paris, où l'on joue aux Tuileries sa Forêt enchantée, d'après le Tasse, retourne à Londres, enfin à Dublin, où il meurt. Son œuvre est constituée principalement de sonates et de concertos grossos. Il reste fidèle à la forme corellienne, au concerto et à la sonate d'église en quatre mouvements et au style en imitation, alors que ses contemporains italiens pratiquent déjà le concerto de soliste. C'est par le perfectionnement de la technique du violon qu'il se distingue surtout, dans ses œuvres comme dans ses traités. Son Art of Playing on the Violin (1731) est la première grande méthode moderne : elle précède de vingt-cinq ans la Violinschule (1756) de Leopold Mozart et donne les premières indications raisonnées sur la tenue du violon, de l'archet, de la main, qui sont encore les bases de l'enseignement. Ses traités sont nombreux et en tous genres : méthode de guitare, traité d'harmonie, méthode d'accompagnement, traité « du bon goût », et ils furent pour la plupart traduits dans les principales langues européennes.

—  Philippe BEAUSSANT

Écrit par :

  • : directeur de l'Institut de musique et danse anciennes de l'Île-de-France, conseiller artistique du Centre de musique baroque de Versailles

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CORELLI ARCANGELO

  • Écrit par 
  • Marc PINCHERLE
  •  • 2 917 mots
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Dans le chapitre « Douceur et autorité »  : […] On doit aussi renoncer à l'idée traditionnelle d'un Corelli uniformément suave, à l'image en quelque sorte de son prénom Arcangelo. Doux et paisible à son ordinaire, il pouvait réagir violemment à certaines injustices, à des attaques qu'il jugeait mal fondées, comme dans la querelle qui l'opposa au théoricien Matteo Zani à propos d'une suite litigieuse de quintes (troisième sonate de l'op. 2). Le […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/arcangelo-corelli/#i_11061

Pour citer l’article

Philippe BEAUSSANT, « GEMINIANI FRANCESCO SAVERIO - (1687-1762) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 14 juin 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/francesco-saverio-geminiani/