FAMILISTES (XVIe s.)

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Fondée en 1540 par Hendrik Niclaes, la Famille d'amour, souvent assimilée à tort à une secte anabaptiste, entend rétablir dans son innocence la communauté humaine originelle. Son organisation comprend un évêque, dont l'autorité est épaulée par douze sages et quatre classes de prêtres. Tous font don à la secte de leurs biens personnels. Elle comptait un assez grand nombre de fidèles, principalement dans les Pays-Bas et en Angleterre, où son existence est encore attestée au xviie siècle.

Né en 1502, Hendrik Niclaes passe pour avoir eu ses premières visions à l'âge de neuf ans, alors qu'il suit les cours d'une école latine. À douze ans, il travaille dans l'entreprise familiale et la reprend à la mort de son père. Arrêté en 1529 pour luthérianisme, il gagne Amsterdam, où il séjournera pendant neuf ans, avant d'être suspecté d'anabaptisme. En 1541, il vit à Emden, où il possède un florissant commerce de laines. Il passe fréquemment à Anvers où son ami, l'imprimeur Christophe Plantin, aurait inspiré plusieurs de ses textes. À cinquante-neuf ans, de nouvelles visions prophétiques et la publicité qu'il leur donne lui valent la torture. Il s'enfuit à Kempen, dans l'Overijssel, puis à Londres, exil temporaire puisque l'on sait que Niclaes sauve opportunément Plantin de la ruine en faisant transporter à Cologne le matériel typographique menacé de saisie lors des poursuites engagées contre l'imprimeur pour fait d'hérésie. Les dissensions dans le groupe assombrirent ses dernières années. Il meurt en 1580. Nippold lui attribue une cinquantaine de brochures répandues clandestinement.

Sa doctrine prêche l'amour, la tolérance, le respect mutuel et rejette le Dieu de justice au profit du Dieu de bonté. Du millénarisme, il retient la prétention d'agir en médiateur de la révélation divine et d'annoncer l'ère nouvelle, où les antagonismes disparaîtront d'entre les hommes.

Son principal disciple fut son serviteur, Hendrik Jansen (dit Barrefelt, sans doute en raison de son lieu de naissance, Barneveld). Lors de sa rupture avec Niclaes, en 1573, il prendra le nom de Hiel, nom hébreu qui signifie « vie unique en Dieu ». Ayant gagné l'amitié de Christophe Plantin, il commence alors à prophétiser pour son compte, peut-être en Angleterre, où la Famille d'amour se maintiendra pendant près d'un siècle.

—  Raoul VANEIGEM

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Pour citer l’article

Raoul VANEIGEM, « FAMILISTES (XVIe s.) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/familistes/