O'NEILL EUGENE (1888-1953)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Freiné par les inhibitions puritaines et souvent par une législation rétrograde, le théâtre américain ne s'est développé que très tardivement. Avant O'Neill, on ne jouait guère aux États-Unis, en dehors du répertoire anglais, que des farces grossières ou des mélodrames. Les auteurs les plus ambitieux composaient des pièces à thèse moralisantes, béatement optimistes. O'Neill, perpétuellement insatisfait et tourmenté, écœuré par cette médiocrité, chercha à exprimer, avec des moyens sans cesse renouvelés, son désarroi profond et son sens tragique de la vie. Par son abondance, sa variété, son intensité passionnée, son œuvre domine le théâtre américain, comme celle de Shakespeare domine le théâtre anglais et celle de Strindberg, qu'il admirait, le théâtre suédois.

L'apprentissage

En apparence, tout dès sa naissance (à New York en 1888) portait Eugene Gladstone O'Neill vers le théâtre. Son père, en effet, était acteur, mais il joua pendant presque toute sa carrière le rôle de Monte-Cristo dans une adaptation très populaire, et Eugene O'Neill le méprisait de s'être ainsi prostitué pour de l'argent. Après une éducation coûteuse mais chaotique dans un certain nombre d'écoles catholiques (comme il convenait à un petit Irlandais de famille riche) et une année passée à Princeton (1908), il rompit avec les siens et se lança à corps perdu dans la vie. Il se maria, puis, très vite, abandonna femme et enfant et devint tour à tour chercheur d'or au Honduras, marin, employé de commerce à Buenos Aires, marin de nouveau sur un transport de bétail en partance pour l'Afrique du Sud, clochard à Buenos Aires, puis, une fois de plus, après son retour à New York, marin sur des bateaux faisant le trafic entre les États-Unis et l'Angleterre. Épuisé, il rentre dans sa famille, essaie un temps d'être acteur dans la troupe de son père, ne réussit pas, décide alors de tâter du journalisme à New London dans le Connecticut, mais tombe très gravement malade. C'est à ce moment précis de sa vie qu'il situera la pièce cruellement autobiographique, Le Long Voyage vers la nuit (Long Day's Journey into Nig [...]

1 2 3 4 5

pour nos abonnés,
l’article se compose de 3 pages




Écrit par :

  • : professeur de littérature américaine à l'université de Paris-Sorbonne

Classification


Autres références

«  O'NEILL EUGENE (1888-1953)  » est également traité dans :

ÉTATS-UNIS D'AMÉRIQUE (Arts et culture) - La littérature

  • Écrit par 
  • Marc CHÉNETIER, 
  • Rachel ERTEL, 
  • Yves-Charles GRANDJEAT, 
  • Jean-Pierre MARTIN, 
  • Pierre-Yves PÉTILLON, 
  • Bernard POLI, 
  • Claudine RAYNAUD, 
  • Jacques ROUBAUD
  •  • 40 197 mots
  •  • 25 médias

Dans le chapitre « Le naturalisme tourmenté des écrivains irlandais »  : […] Parmi les auteurs irlandais de la fin du xix e  siècle, J. W. Sullivan, dans ses Tenement Tales (1895), malgré le caractère parfois mélodramatique de certains de ses contes, parvient à capter les déchirements et les frustrations des immigrés qui, pour échapper à leur condition, ne trouvent parfois d'autres issues que les bas-fonds et la criminalit […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/etats-unis-d-amerique-arts-et-culture-la-litterature/#i_16366

TRAGÉDIE

  • Écrit par 
  • Bernard DORT, 
  • Jacques MOREL, 
  • Jean-Pierre VERNANT
  •  • 5 381 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « La nostalgie tragique »  : […] Dès la fin du xix e siècle, la tragédie grecque sort des livres et des universités ; elle occupe de nouveau non seulement les scènes mais encore des arènes ou des théâtres antiques. À la Comédie-Française, Mounet-Sully fait un Œdipe tonitruant et superbe, tandis que De Max s'exhibe non sans complaisance sur le rocher de Prométhée. Et chaque année […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/tragedie/#i_16366

Voir aussi

Pour citer l’article

Roger ASSELINEAU, « O'NEILL EUGENE - (1888-1953) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 février 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/eugene-o-neill/