DU BOIS-REYMOND EMIL (1818-1896)

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Physiologiste allemand, un des créateurs de l'électrophysiologie. Avant de choisir la médecine, Emil Du Bois-Reymond étudie la théologie, la philosophie, la botanique, la géologie, les mathématiques. Reçu docteur de la faculté de Berlin en 1843, il entre dans le laboratoire du physiologiste Jean Müller, s'intéresse à l'électricité animale et publie Untersuchungen über tierische Elektrizität (1848). Professeur d'anatomie en 1848 à l'Académie des beaux-arts de Berlin, il quitte ce poste cinq ans plus tard et regagne le laboratoire de Müller, où il devient l'un des chefs de la jeune génération des physiologistes allemands ; il travaille sur les forces vitales, sur les mécanismes physiques, moléculaires, atomiques, et il établit les lois de la contraction musculaire. Il invente des instruments (chariot inducteur) et des techniques de l'électrophysiologie appliquée à l'étude des fonctions du muscle et du nerf. Il met en lumière, sous le nom de variation négative, l'existence du potentiel d'action générateur du courant d'action. L'utilisation de l'électrode impolarisable reste l'un de ses mérites scientifiques. Sa conception de la nature strictement physico-chimique des phénomènes physiologiques devait lui inspirer une vision philosophique du monde. Il se heurta, de ce fait, aux conceptions de Pasteur selon lesquelles les maladies contagieuses sont dues à des germes microbiens infectieux ayant pénétré dans l'organisme. À la mort de Müller (1858), il hérite de sa chaire de physiologie à l'université de Berlin ; en 1877, il est nommé directeur du nouvel institut de physiologie créé dans cette ville et publie Kulturgeschichte und Naturwissenschaft (1877) et Der physiologische Unterricht sonst und jetzt (1878). Il fut l'un des principaux rédacteurs des Archiv für Anatomie, Physiologie und Medizin. Membre (1851), puis secrétaire perpétuel (1867) de l'Académie prussienne des sciences, il a participé à de nombreux travaux de cette société. Il voyagea en France (où il rencontra Claude Bernard et refit devant Magendie et Becquerel certaines expériences) et en Angleterre (il enseigna à Londres à trois reprises).

—  Jacqueline BROSSOLLET

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ÉLECTROPHYSIOLOGIE

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Dans le chapitre « Historique »  : […] la différence de potentiel entre l'intérieur et la surface d'un muscle (courant de repos). E. Dubois-Reymond, en 1849, découvre le courant d'action et, mesurant les courants d'un muscle en contraction, réalise la première électromyographie en 1851. G. B. Duchenne de Boulogne, à la même époque, démontre que l'on peut exciter électriquement les nerfs […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/electrophysiologie/#i_29573

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Dans le chapitre « Recherches sur l’électricité animale »  : […] hypothèse correcte que le muscle contracté produit en même temps un courant. De son côté, Emil du Bois-Reymond (1818-1896), jeune concurrent allemand de Matteucci, poursuit l’hypothèse en indiquant que ce courant s’annule au cours du tétanus. Mais Matteucci ne parvient pas à concevoir cette possibilité car, pour lui, comme l’électricité est la […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/carlo-matteucci/#i_29573

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Jacqueline BROSSOLLET, « DU BOIS-REYMOND EMIL - (1818-1896) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 08 novembre 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/emil-du-bois-reymond/