SANGUINETI EDOARDO (1930-2010)

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Théâtre et romans

Le langage est pratiquement le « personnage » principal des romans et des pièces de Sanguineti. Au théâtre, il en exploite toutes les ressources, au point qu'au moins trois de ses textes sont, à la limite, illisibles, car ils échappent à une dimension uniquement littéraire : Passaggio ne trouve toute sa force théâtrale qu'avec la musique de Berio dont il constitue le livret ; Traumdeutung met en scène quatre voix dont la parole se réduit parfois à une pure et simple articulation sonore ; tandis que, dans Protocolli, les mots ne possèdent plus que leur pouvoir phonétique et leur impact matériel. Dans K, le flot continuel de paroles vient, paradoxalement, révéler la précarité du langage dans le théâtre moderne. Cette mise en scène des Entretiens avec Kafka de G. Janouch (K. et J. sont les symboles, individuels et historiques, de Kafka et Janouch), traités de façon psychanalytique, dans un lieu théâtral fermé et isolé renvoyant au monde clos et protégé de l'enfance, se présente comme un retour aux zones informelles de l'inconscient, une recherche de l'identité.

De même, Capriccio italiano se veut le roman des origines : celui d'un mythe ancestral absolu. Le point de départ du récit est une situation autobiographique : l'attente, pour l'auteur et sa femme, d'un troisième enfant, et la crise du couple que cette occasion suscite ; mais cette situation n'est qu'une référence hors du texte ; celui-ci n'est, en dernière analyse, qu'un jeu verbal qui ne renvoie à rien d'autre que lui-même. La structure du roman, selon Sanguineti, serait la fable onirique qui rend possible l'existence d'une réalité « à l'envers » : le monde de Capriccio italiano est celui de la réconciliation des contraires et de la non-existence du principe de contradiction. Hiérarchies et distances sont abolies : un personnage peut entendre avec ses yeux, éprouver, même mort, des sensations et des sentiments ; le langage énonce en même temps une chose et son contraire. Capriccio italiano est, en somme, la « visualisation écrite d'un cauchemar » (G. Si [...]

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Pour citer l’article

Brigitte OLIVIERI, « SANGUINETI EDOARDO - (1930-2010) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 juin 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/edoardo-sanguineti/