JACOBS EDGAR-PIERRE (1904-1987)

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Tout comme deux autres auteurs belges de bandes dessinées devenus des classiques, Hergé et Franquin, Jacobs savait être drôle en société, mais était sans illusions sur le monde et connaissait des périodes dépressives. Et, à la différence de ses deux confrères, son œuvre est presque totalement dépourvue d'humour. Elle frappe par sa gravité, par ses implications morales et politiques et par le fait que ses protagonistes sont tous pleinement adultes. Un de ses thèmes récurrents est l'affrontement entre la civilisation et la barbarie, avec pour corrolaire l'idée que le progrès scientifique n'est pas une solution en soi. Il est significatif que La Marque Jaune, peut-être le récit de Jacobs le plus connu, se termine par ces mots : « Au-dessus de la science, il y a... l'homme ! ». Des propos typiquement humanistes qui peuvent rappeler la maxime de Rabelais : « science sans conscience n'est que ruine de l'âme ».

Du chant lyrique à Hergé

Né à Bruxelles le 30 mars 1904, Edgar-Pierre Jacobs (Edgard Félix Pierre Jacobs pour l'état civil) commence sa carrière comme artiste lyrique : il fait partie des chœurs du Théâtre de la Monnaie (l921), est choriste dans un spectacle dont la vedette est Mistinguett à l'Alhambra de Bruxelles (1922), avant d'être engagé comme baryton par l'Opéra de Lille (1931), etc. Parallèlement à ces activités, il est dessinateur publicitaire. L'occupation de la Belgique rendant difficile l'exercice de sa profession principale, il décide en 1941 de se consacrer totalement au dessin. Dans le journal belge pour enfants Bravo !, il publie quelques illustrations, puis sa première bande dessinée, Le Rayon « U » (1943-1944). Ce récit de science-fiction est manifestement inspiré par Flash Gordon (Guy l'Éclair) de l'Américain Alex Raymond, mais contient aussi en germe les thèmes de son œuvre future.

Hergé, qui publie alors Tintin dans le quotidien Le Soir, lui demande de devenir son assistant en 1943. Jusqu'en 1947, Jacobs travaille étroitement avec lui à la mise en couleurs de Tintin [...]

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BANDE DESSINÉE

  • Écrit par 
  • Dominique PETITFAUX
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Dans le chapitre « La domination belge »  : […] d'Hergé, mais n'en conserve pas toujours le graphisme, épuré des détails inutiles, que l'on baptisera plus tard « ligne claire ». Dans le sillage d'Hergé, figure tutélaire du magazine, on trouve principalement Edgar Pierre Jacobs (1904-1987), qui dans Blake et Mortimer (1946) allie le réalisme au merveilleux scientifique, Paul Cuvelier (1923- […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/bande-dessinee/#i_92837

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Dominique PETITFAUX, « JACOBS EDGAR-PIERRE - (1904-1987) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 06 octobre 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/edgar-pierre-jacobs/