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ÉCONOMIE MONDIALE 2007 : zone de turbulences

Des turbulences du côté du secteur financier et la poursuite de la flambée des prix du pétrole ont marqué l'année 2007. D'une part, en lien avec le repli du marché immobilier aux États-Unis, la crise du crédit hypothécaire à risque appelé subprime a provoqué une onde de choc dans le secteur financier international, et pesé sur la croissance américaine ; d'autre part, les prix du pétrole se sont de nouveau envolés, frôlant en fin d'année la barre symbolique de cent dollars par baril. La croissance mondiale n'en aura pas moins maintenu son cap, ne décélérant que très légèrement pour s'établir, en moyenne annuelle, à un taux de 5,2 p. 100 (après 5,4 p. 100 en 2006) selon les projections du Fonds monétaire international (F.M.I.).

Une onde de choc financière venue des États-Unis

La croissance américaine, jusqu'alors haute en couleur, a manifesté des signes nets d'essoufflement, s'affaissant à seulement 1,9 p. 100 après 2,9 p. 100 en 2006. Le marché immobilier s'est nettement infléchi : le prix moyen des maisons aux États-Unis a perdu 5 p. 100 en rythme annuel, après une hausse quasi continue depuis vingt ans et un emballement depuis dix ans. Ce repli a entraîné dans son sillage un ralentissement de la consommation des ménages et un fléchissement de l'investissement résidentiel.

C'est dans ce contexte que la crise dite du subprime a éclaté pendant l'été de 2007, à la suite du très fort repli des prêts hypothécaires qui avaient été octroyés aux ménages américains à la solvabilité fragile. L'assouplissement des conditions bancaires aux États-Unis avait en effet permis à ce type de ménages, auparavant évincés du marché du crédit hypothécaire, d'accéder à la propriété. Mais la conjonction de la baisse des prix de l'immobilier et de la hausse des taux d'intérêt – les crédits hypothécaires sont ordinairement conclus aux États-Unis avec un taux variable – a entraîné l'incapacité pour certains emprunteurs de rembourser leurs mensualités. L'afflux de biens immobiliers saisis qui ont été mis en vente a alors pesé fortement sur le marché, occasionnant la faillite de plusieurs institutions financières engagées dans des activités de prêts hypothécaires à risque.

Cependant, en raison de l'internationalisation croissante de la finance, les effets de la crise se sont étendus au-delà du marché immobilier américain et se sont propagés non seulement à d'autres zones géographiques, mais aussi à d'autres classes d'actifs que l'immobilier. En effet, via le mécanisme financier de titrisation, les créances hypothécaires sur les ménages américains ont été transformées en titres négociables, lesquels ont été souscrits par des investisseurs à travers le monde. Ces derniers ont réévalué à la hausse les risques de leurs portefeuilles, engendrant une hausse de la volatilité sur les marchés d'actions et de taux.

De plus, certaines banques ont subi de plein fouet la crise parce qu'elles avaient investi dans ces titres hypothécaires. En Europe, le cas le plus spectaculaire reste la banque britannique Northern Rock : elle a dû faire face au vent de panique qui a soufflé chez ses clients, ces derniers se ruant aux guichets afin de récupérer leurs avoirs. Pour rassurer les épargnants, il aura fallu que le Trésor britannique intervienne et se porte garant de Northern Rock. La plupart des grandes banques d'investissement ont fortement pâti de la crise, qui a entraîné la démission des présidents de deux des plus grands établissements, CitiGroup et Merrill Lynch.

Face à un tel tsunami, les banques centrales ont réagi très promptement en venant soutenir les marchés de leurs liquidités. La Banque centrale européenne (B.C.E.) a notamment injecté en une seule journée près de cent milliards d'euros[...]

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. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

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