PONTS & CHAUSSÉES ÉCOLE DES

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L’École des ponts et chaussées aux xviiie et xixe siècles

Durant le xviiie siècle, l’École des ponts et chaussées (E.P.C.) reste un établissement très différent d’une école moderne d’ingénieurs. Le directeur de l’établissement, l’ingénieur Jean-Rodolphe Perronet (1708-1794), choisit les futurs élèves à la suite d’un simple entretien informel. À l’intérieur de l’établissement, ce sont les élèves les plus expérimentés qui transmettent à leurs camarades leurs connaissances théoriques. Quant aux cours techniques – dessin et architecture civile, ponts et routes, écluses, digues, canaux, ports... –, ils sont donnés chez des praticiens en dehors de l’École. Une série de concours annuels, sous forme de projets, familiarisent les élèves avec les savoirs et les pratiques de l’ingénieur des Ponts et Chaussées, tout en fonctionnant comme une barrière d’entrée au corps des Ponts et Chaussées : alors que, entre 1750 et 1789, l’École accueille quelque 700 élèves, l’admission dans le corps concerne un peu moins de la moitié d’entre eux, après une scolarité qui dure généralement de cinq à sept ans. Enfin, chaque année au cours de la belle saison, les élèves partent en province pour assister des ingénieurs du corps des Ponts et Chaussées en exercice dans leurs tâches quotidiennes.

École des ponts et chaussées

Photographie : École des ponts et chaussées

Ce dessin de Louis-Jean Desprez (1743-1804), réalisé vers 1780, représente une vue imaginaire de l'École des ponts et chaussées à l'époque de Jean-Rodolphe Perronet (1708-1794), premier directeur de cette institution.  

Crédits : École nationale des ponts et chaussées

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Après la création de l’École polytechnique en 1794, l’École des ponts et chaussées devient, en 1795, l’un des établissements d’application de celle-ci. Désormais pour devenir Ingénieur des ponts et chaussées (I.P.C.), il faut suivre un double cursus : deux ans à l’École polytechnique, puis trois ans à l’E.P.C. Cette dernière décide par ailleurs, en 1804, de mettre fin à l’enseignement mutuel et se dote, à l’instar de l’École polytechnique, de professeurs appointés. Comptant désormais dans son corps enseignant plusieurs polytechniciens dotés d’une culture scientifique de haut niveau, dont de futurs académiciens comme Henri Navier (1785-1836) ou Gaspard Gustave Coriolis (1792-1843), l’établissement ajoute au caractère pratique de la formation qu’il continue à dispenser la dimension théorique qui manquait jusqu’alors. Sous la houlette de son corps professoral, l’École des ponts et chaussées devient ainsi l’un des lieux où s’élabore, durant le xixe siècle, la science de l’ingénieur spécialisé dans le génie civil et les travaux publics.

De plus en plus savante, l’École des ponts et chaussées doit, à partir des années 1820 notamment, faire face à un autre défi, qui l’accompagne jusqu’à nos jours : l’augmentation du nombre de matières à enseigner, d’autant plus importante que le désir de conserver à l’enseignement dispensé un caractère de polyvalence traverse l’histoire de l’institution. Acteur d’un monde économique et technique en constante évolution, le futur ingénieur des Ponts et Chaussées est ainsi régulièrement appelé à compléter sa formation de base – constituée pendant longtemps de la mécanique appliquée, de la construction et de l’architecture – par de nouveaux cours dont certains relèvent des sciences humaines, à l’instar du droit administratif (à partir de 1830) et de l’économie politique (à partir de 1847).

Installée en 1845, après plusieurs déménagements, dans l’hôtel de Fleury dans le VIIe arrondissement de Paris, l’École des ponts et chaussées ouvre aussi ses portes, à partir de 1851, à des élèves dits externes, français et étrangers, qui ne sont pas destinés à alimenter le corps des Ponts et Chaussées mais à travailler dans le secteur privé. À la suite d’une série de mesures, dont l’institution en 1875 des cours préparatoires, les élèves externes finissent par devenir majoritaires au sein de la population estudiantine de l’établissement.

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  • : docteur, habilité à diriger des recherches, chargé de recherche à l'Institut français des sciences et technologies des transports, de l'aménagement et des réseaux

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Pour citer l’article

Konstantinos CHATZIS, « PONTS & CHAUSSÉES ÉCOLE DES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 26 novembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/ecole-des-ponts-et-chaussees/