DIEPPE

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Dieppe, chef-lieu d'arrondissement de la Seine-Maritime, est une ville de 31 533 habitants en 2012 (37 863 hab. pour l'agglomération) située à l'embouchure de l'Arques sur la côte de la Manche. Elle occupe un site de vallée assez profonde (d'où le nom de Dieppe, deep en anglo-saxon) entre les falaises du pays cauchois. C'est le port de mer le plus proche de Paris.

Normandie : carte administrative

Carte : Normandie : carte administrative

Carte administrative de la région Normandie. 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

Afficher l'atlas

La cité de Dieppe semble avoir été installée primitivement, à l'époque gauloise comme à l'époque romaine, sur le faîte de la falaise, à environ deux kilomètres au nord-est de la ville actuelle. Cet établissement fut sans doute détruit pendant les invasions. Le nom de Dieppe n'apparaît pas dans les documents avant le xe siècle. Comprise alors dans le duché de Normandie, la ville prend de l'importance, surtout après la conquête de l'Angleterre, et reçoit de Jean sans Terre des privilèges communaux. Elle est réunie à la France en même temps que le reste de la Normandie. Le port se développe rapidement. Occupée par les Anglais après la bataille d'Azincourt, en 1415, elle est reprise par le chevalier Charles Desmarets en 1435. Lorsque Dieppe est attaquée à nouveau par l'armée anglaise conduite par John Talbot, elle est secourue par le dauphin, le futur Louis XI. La ville et le port s'agrandissent : Dieppe est à l'apogée de sa puissance sous François Ier, grâce à l'activité de ses armateurs, dont le plus célèbre est Jean Ango. Le protestantisme y fait de nombreux adeptes. Henri IV, qui y séjourne quelque temps, y trouve des appuis dans sa lutte contre la Ligue. Au xviie siècle, les Dieppois participent activement à la colonisation du Canada. La peste, en 1668-1670, fait près de 10 000 victimes. En 1694, la ville est presque entièrement détruite par un bombardement de la flotte anglo-hollandaise. Elle redevient port de pêche, ravitaillant Rouen et Paris, et n'est reconstruite qu'en 1712, sur les plans de Vauban. Sous le premier Empire, le port est paralysé par le Blocus continental. Sous le second Empire, les installations portuaires sont améliorées : la jetée est prolongée, le chenal rectifié et l'arrière-port transformé en bassin à flot. Les travaux se poursuivront pendant toute la fin du xixe siècle. Le trafic croît rapidement. La ville s'étend : les fortifications sont démolies dès 1830. La population augmente, elle passe de 16 000 habitants en 1831 à 19 200 en 1856, pour atteindre 22 000 habitants à la fin du xixe siècle. Après la Première Guerre mondiale, l'avant-port est réservé aux voyageurs et à la pêche artisanale, l'arrière-port aux constructions navales, le bassin Duquesne à la pêche et à la navigation de plaisance, les bassins de Paris et du Canada au commerce. Le port et la ville, très endommagés lors de la Seconde Guerre mondiale, sont reconstruits dès la fin des hostilités ; on y aménage, en outre, un centre de marée et des hangars.

Les temps présents sont difficiles. Le taux de chômage reste élevé (13,3 p. 100 dans la zone d'emploi en 2012) à cause des difficultés du port et des industries (déclin des chantiers navals et du textile). Cependant, la région dieppoise garde une belle vitalité, par les activités tertiaires (64,8 p. 100 des emplois), par des industries réparties dans l'agglomération et les campagnes voisines (agroalimentaire, transformation des métaux et des matières plastiques, électronique, industrie automobile), par la présence des centrales nucléaires de Penly et de Paluel sur la côte et par les spécialités du port : le trafic transmanche (285 000 passagers en 2014) ; le port de pêche, le premier en France pour les coquilles Saint-Jacques ; le port de commerce spécialisé dans l'importation de fruits tropicaux. Le port de plaisance, la beauté de la plage et l'attrait de la ville historique entretiennent une élégante activité touristique d'origine ancienne, qui s'appuie sur la clientèle parisienne et britannique (un logement sur dix est une résidence secondaire).

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 2 pages

Écrit par :

Classification

Autres références

«  DIEPPE  » est également traité dans :

FRANÇAIS EMPIRE COLONIAL

  • Écrit par 
  • Jean BRUHAT
  •  • 16 598 mots
  •  • 19 médias

Dans le chapitre « Les origines »  : […] Une tradition pseudo-historique, confondant expansion et colonisation et puisant à des sources douteuses, tendait à justifier la formation des empires coloniaux français en cherchant très loin dans le passé les origines de ce fait colonial. On annexait à cette histoire les initiatives des Normands en Sicile et dans l'Italie du Sud, la participation des nobles français à la Reconquista ibérique, le […] Lire la suite

Les derniers événements

19-29 mai 2020 France. Présentation du plan d'économies de Renault.

L’avenir des sites de Dieppe (Seine-Maritime), Douai et Maubeuge (Nord) reste en discussion.  […] Lire la suite

Pour citer l’article

Thérèse CHARMASSON, Armand FRÉMONT, « DIEPPE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 17 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/dieppe/