DÉMONSTRATION (notions de base)

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Contre la démonstration

Une dernière difficulté se présente, qui relève de la psychologie de la démonstration. Pourquoi donc vouloir démontrer à d’autres ce dont nous sommes personnellement certains ? Il reviendra à Friedrich Nietzsche (1844-1900), en 1888, de semer le trouble dans l’un de ses derniers ouvrages Le Crépuscule des idoles. Prenant Socrate pour cible, Nietzsche pose cet inquiétant diagnostic : « Ce qui a besoin d’être démontré ne vaut pas grand-chose. Partout où l’autorité est encore de bon ton, partout où l’on ne donne pas des “raisons”, mais des ordres, le dialecticien est une sorte de pitre : on s’en amuse, on ne le prend pas au sérieux. Socrate fut le pitre qui se fit prendre au sérieux. Que s’était-il au juste passé ? »

Faut-il partager avec Nietzsche la conviction selon laquelle Socrate est le nom d’une des plus grandes catastrophes ayant forgé notre civilisation, ou se féliciter de l’invention de la démonstration qui fit accéder à l’universalité des discours humains incapables jusqu’alors de franchir les frontières des communautés particulières qui les énonçaient ?

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Écrit par :

  • : professeur agrégé de l'Université, docteur d'État ès lettres, professeur de khâgne

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Pour citer l’article

Philippe GRANAROLO, « DÉMONSTRATION (notions de base) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 juillet 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/demonstration-notions-de-base/