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DE L'ORATEUR, Cicéron Fiche de lecture

Tribun et magistrat romain, Cicéron (106-43 av. J.-C.) s'est fait le théoricien de l'éloquence, principalement dans le De Oratore (55 av. J.-C.), somme de l'art oratoire en trois livres, reçue depuis la Renaissance comme le meilleur témoin de l'humanisme antique. Sur le même sujet, il a composé principalement deux autres traités, dont en 46 l'Orator, traduit en français simplement par L'orateur, et qu'il ne faut pas confondre avec le précédent, traduit De l'orateur.

Grandeur de l'éloquence

Dédié à Quintus, frère de l'auteur, le De Oratore est écrit, à l'imitation de Platon, sous la forme de dialogues entre amis, supposés se dérouler en 91 av. J.-C., soit lors de la jeunesse de Cicéron. La thèse de départ est celle-ci : « c'est tout l'ensemble de connaissances que possèdent les hommes les plus instruits [...] qui constitue l'éloquence » ; les « vrais orateurs » sont rares et certainement des « hommes supérieurs », dignes, on le devine, des plus hautes fonctions : « personne ne saurait devenir un orateur accompli, s'il ne possède tout ce que l'esprit humain a conçu de grand et d'élevé ». Thèse qui pourrait paraître présomptueuse, venant d'un orateur alors reconnu comme au sommet de son art : mieux vaut faire parler d'illustres disparus, « maîtres de la parole ». Crassus la défend contre Antoine, tenant d'une conception plus restrictive de l'éloquence, limitée pour l'essentiel au métier de l'avocat. Tous deux cependant s'accordent à la juger utile et même nécessaire à la Cité.

Ce débat occupe la première journée (livre I). Le dialogue se structure ensuite, lors de la deuxième journée, autour d'un exposé des cinq parties traditionnelles de la rhétorique – non sans de multiples apartés. Antoine développe d'abord (livre II) ce qui relève de l'invention (comment trouver des arguments), en fonction du triple but de l'orateur : prouver, plaire, émouvoir ; puis, plus brièvement, l'art de la disposition (mise en ordre des arguments) et le rôle de la mémoire. À Crassus revient (livre III) de traiter de l'élocution (correction, clarté, élégance ; art de l'ornement, du rythme, des figures) et de l'action (gestuelle, ton de voix, etc.). Loin de devoir éveiller le soupçon du philosophe, la maîtrise du langage accomplit la nature profonde de l'homme, animal social, et l'accorde à l'harmonie de l'univers, telle que l'enseignent les philosophes : « cet ensemble est si bien ordonné que le moindre changement en détruirait la cohésion, si beau qu'on ne peut même pas imaginer de spectacle plus magnifique ».

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. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

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