COMMUNION ET LIBÉRATION

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L'organisation Communion et libération trouve ses origines dans un mouvement de jeunesse italien, Gioventu studentesca, fondé en 1954 par un prêtre milanais professeur d'école secondaire, Mgr Luigi Giussani (1922-2005), et n'a revêtu son nom et sa forme définitifs qu'en 1969. Au tout début des années 1970, il était devenu le plus politisé des nouveaux et influents mouvements ecclésiaux (Focolari, Chemin néocatéchuménal) qui ont pris une importance clé dans l'Église catholique de la fin du xxe siècle.

De 1973 jusqu'au début des années 1990, Communion et libération constituait une aile du Parti démocrate chrétien italien, le Movimento popolare, dont on a dit qu'il contrôlait, au plus fort de son influence, entre 7 p. 100 et 14 p. 100 du vote chrétien-démocrate. Durant les années 1980 et 1990, il était tellement identifié avec ces activités qu'il fut généralement considéré en Italie comme un parti politique. Le style polémique de l'organisation et sa fidélité à la ligne vaticane ont valu à ses membres des surnoms tels que « les staliniens de Dieu » ou « les Rambos du pape ».

Tous les nouveaux mouvements ecclésiaux sont caractérisés par leur attachement à la papauté, qui leur a nettement signifié sa reconnaissance à compter du pontificat de Jean-Paul II. Quand ce dernier est devenu pape en 1978, il s'est alarmé en découvrant que l'Action catholique, l'organisation des laïcs soutenue par les évêques italiens, s'était retirée de la politique. Communion et libération, au contraire, s'était engagée et appuyait les campagnes papales contre la légalisation du divorce et de l'avortement. Jean-Paul II a résolument approuvé cette approche lors d'une rencontre avec les évêques italiens à Loreto, le 4 avril 1985.

Les principales idées du mouvement sont tirées des écrits de Luigi Giussani, dont les travaux les plus importants sont Le Sens religieux (Il Senso religioso, 1987) et L'Avvenimento cristiano (1993). Comme chez les autres fondateurs de mouvements catholiques analogues, Giussani prétend avoir reçu un charisme, un mandat divin qui s'exprimait aussi bien dans ses enseignements que dans sa conduite personnelle de l'organisation.

Communion et libération adopte une approche existentielle du christianisme : l'incarnation y est définie en tant qu'événement, intervention directe de Dieu dans l'histoire. Cet événement se produit aujourd'hui en rencontrant le Christ, incarné par l'organisation elle-même. Par suite de cette intervention du divin dans le monde d'aujourd'hui, Communion et libération détient la réponse de tous les problèmes de la société actuelle – politique, affaires, culture, médias, médecine, psychiatrie –, et des programmes ambitieux ont été établis dans chacun de ces champs. Cette approche holiste a alimenté les accusations d'intégrisme. En particulier, certains critiques ont dénoncé le caractère théocratique des conceptions politiques du mouvement. Mgr Giussani a ainsi estimé désirable un « État guidé par les religieux ».

La vertu d'obéissance dans son sens traditionnel strict est un concept fondamental de ce mouvement. Un évêque membre du mouvement, Eugenio Corecco, a souligné que « la profonde différence » entre les organisations traditionnelles de catholiques laïques et les nouveaux mouvements était que dans les premières la direction « a la simple tâche d'exécuter les souhaits des adhérents [...] tandis que dans les seconds, en revanche, c'est la dynamique du chef qui est promue ».

La structure de Communion et libération repose sur une direction de laïcs consacrés, les Memores Domini (littéralement, « ceux qui se souviennent du Seigneur »), qui vivent en communautés masculines et féminines séparées. Un second niveau d'adhésion marquée, ouvert aux personnes mariées, est constitué par les fraternités, inspirées des corporations médiévales. En dépit de l'opposition forte des évêques italiens, ces fraternités ont été déclarées en 1982 associations de droit pontifical par un décret du Vatican, conférant par là une approbation au mouvement dans son ensemble. Les instituts religieux propres à Communion et libération ont été également approuvés par Rome.

Le Movimento populare a été dissous en 1993, à la [...]

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CATHOLICISME - Les nouveaux mouvements ecclésiaux

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  • Salvatore ABBRUZZESE
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Pour citer l’article

Gordon URQUHART, « COMMUNION ET LIBÉRATION », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/communion-et-liberation/