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GILLOT CLAUDE (1673-1722)

Avoir été le maître d'un très grand artiste peut notablement desservir une réputation : tel est le cas de Claude Gillot que l'on ne connaît plus guère que pour son association avec Watteau. Gillot était né à Langres, dans une famille de peintres ; sa biographie est mal connue, et on ne sait pas à quelle date il s'installa à Paris. Il fut reçu à l'Académie en 1715 ; son morceau de réception est un tableau religieux, Le Christ près d'être attaché à la Croix, église de Noailles, mais il semble qu'il s'était déjà fait une spécialité des scènes de comédie italienne dont Watteau a pu prendre le goût chez lui. La question est délicate, car les dates du passage de Watteau dans l'atelier de Gillot sont hypothétiques et l'attribution de certains dessins entre les deux peintres soulève toutes sortes de problèmes. Il est vraisemblable qu'ils travaillèrent ensemble quelques années entre 1705 et 1710, et l'on a pu établir que vers cette date Watteau a dû copier des dessins de Gillot : c'est ainsi qu'une feuille d'étude conservée au musée de Darmstadt, et qui représente des acteurs et des actrices, est sûrement de la main de Watteau, mais reproduit une composition de Gillot. On pourrait évoquer cent autres questions semblables : l'établissement du catalogue des dessins de Gillot, travail qui reste à faire, aidera notablement à la connaissance de l'un et de l'autre artiste. Les tableaux de Gillot sont rares et posent aussi des questions d'attribution. La partie de son œuvre la mieux connue est finalement, comme il est naturel, la gravure. C'est avec elle que l'on découvre le style menu et un peu crispé de Gillot : ses figures, spirituellement enlevées, gardent toujours un certain air de sécheresse caricaturale. Ces thèmes de comédie italienne, auxquels Watteau sait donner tant de délicate poésie, restent chez Gillot prétexte à déployer un esprit de bouffonnerie dérisoire qui semble avoir été le fond de son tempérament inquiet.

— Georges BRUNEL

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Écrit par

  • : ancien élève de l'École normale supérieure, agrégé de lettres, conservateur des objets d'art des églises de la Ville de Paris

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Autres références

  • ORNEMANISTES

    • Écrit par Marianne ROLAND MICHEL
    • 2 572 mots
    ...Nouveau Livre de principes d'ornemens particulièrement pour trouver un nombre infini de formes qui en dépendent, gravé d'après des dessins de Claude Gillot. Ces titres généraux dissimulent une profusion de modèles dont les inventeurs sont indistinctement dessinateurs, sculpteurs, orfèvres ou...
  • WATTEAU ANTOINE (1684-1721)

    • Écrit par Marianne ROLAND MICHEL
    • 5 599 mots
    • 9 médias
    ...d'après Gérard Dou. Ce travail rebutant lui permet tout au moins de ne pas mourir de faim, et lui laisse un peu de temps pour dessiner tout ce qu'il voit. Et c'est sans doute vers 1704 qu'il rencontre celui qui devait changer, ou du moins avancer le cours de sa carrière, le peintre, dessinateur et graveur...

Voir aussi